Une partie de campagne

par

Cyprien

C’estsous le prénom de Cyprien qu’est désigné une unique fois « le garçon aux cheveux jaunes »,silencieux personnage, en apparence dépourvu de tout intérêt jusqu’à ladernière page de l’œuvre. Discret, se contentant d’engloutir sa nourriture etde s’enivrer aux côtés de monsieur Dufour, il ne profère pas la moindre parole,si bien que le lecteur parvient à oublier sa présence et à se demander quelleest son utilité dans l’histoire.

Cependant, cette volonté manifeste del’auteur de ne pas le nommer, ni de préciser son statut – nous pouvons même audépart penser qu’il s’agit du frère d’Henriette ! – accentue, au moment dela chute, l’effet de surprise typique de la nouvelle : il s’agissait enréalité du fiancé de la jeune fille. C’est madame Dufour qui donne cette informationd’un ton d’une banalité affligeante pour Henri qui l’écoute : « Mais avec le jeune homme qui nous accompagnait, vous savez bien ;c’est lui qui prend la suite. »

Ainsi,ce personnage qui depuis le début accompagnait les Dufour sans que l’on sachebien qui il était demeure en vérité le nœud, le problème de l’histoire, etsoulève une foule de réflexions supplémentaires autour de plusieurséléments : adultère, destin de la jeune fille mariée à quelqu’un qui nel’intéresse pas, nécessité de l’entretien constant d’un rêve, d’une bulle depensée libre dans laquelle oublier son quotidien.

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