Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée

par

La femme aimée

Le lecteur ne la connaît que décrite par son amant. Lelivre commence sur une description physique : « Corps d’une femme,collines blanches, cuisses blanches ». Ses bras sont faits de « pierretransparente ». L’amant la « fabrique comme une arme, uneflèche pour [son] arc, une pierre dans [son] lance-pierre », « pour[se] survivre ». Sa voix est « lente et triste ». Elleest une « esclave magnifique et féconde et magnétique ». 

Elle « remplit tout », est « faitede tout ». Elle « écoute d’autres voix dans [sa voixdouloureuse à lui] ». L’automne précédent (qui est sans doute lemoment de leur rencontre à tous deux), elle avait un « béret gris et lecœur stable » – à présent ses yeux « voyagent », etson cœur est « comme une maison vers laquelle [ses] baiserstombent ». Dans ses yeux à elle, « des feuilles d’automnessèches tournent en rond ». Elle est la « femelledistante », elle est « comme [son] âme, un papillon de rêve,et [elle est] comme le mot Mélancolie ». Elle est toujours définie parson éloignement et son silence : « oh toi qui est silencieuse ! ».Elle est « peuplée d’échos et de voix nostalgiques ».

Quoiqu’elle soit le sujet principal de l’ouvrage, lepoète ne peut s’empêcher de lui demander : « Qui es-tu ? »Dans le dernier poème, il semble hébété qu’elle puisse bientôt appartenir à unautre, « comme elle l’était avant [ses] baisers ».

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