Voyage autour du monde

par

La vision du « bon sauvage »

Bougainville et ses hommes sont très surpris par les peuples qu’ils découvrent lors de leur expédition. Ils trouvent les femmes magnifiques et peu farouches, les hommes calmes et agréables, ont parfois l’image d’une société parfaite dans un environnement idéal. Ils ont la sensation d’être arrivés dans un paradis sur terre, une sorte de jardin d’Éden, un endroit où les hommes vivent en harmonie entre eux et avec la Nature. Ils ne se font pas la guerre et semblent d’une bonne nature. Même les portraits les plus dépréciatifs que Bougainville peut dresser de certaines civilisations, par exemple celle des Indios Bravos, sont porteurs d’une certaine fascination, d’une curiosité sans bornes : « Les naturels, qui habitent cette partie de l'Amérique, au nord et au sud de la rivière de la Plata, sont du nombre de ceux qui n'ont pu être encore subjugués par les Espagnols et qu'ils nomment Indios bravos. Ils sont d'une taille médiocre, fort laids et presque tous galeux. Leur couleur est très basanée et la graisse dont ils se frottent continuellement les rend encore plus noirs. » Ils seraient donc en décalage total avec les Européens qui, eux, se font sans cesse la guerre, n’ont plus de rapport à la nature, ont des femmes fades et timorées…

Les...

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