Zaïre

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Résumé

Les événements se déroulent en 1249 à Jérusalem, au temps de la croisade de Saint-Louis.

 

Acte I

Zaïre, jeune esclave vivant dans le sérail d’Orosmane, soudan de Jérusalem, avoue à son amie Fatime, esclave comme elle, son amour secret pour Orosmane. Née chrétienne mais élevée dans la foi musulmane, échappée dans son enfance au massacre de Césarée, Zaïre se dit prête à renier sa religion pour Orosmane mais Fatime tente de l’en dissuader. Après lui avoir déclaré son amour et demandé de le partager, le soudan se dit prêt à prendre Zaïre comme unique épouse, en dépit de la tradition musulmane.

Malgré l’opposition de Corasmin, officier du soudan, qui refuse l’introduction d’un esclave chrétien qui demande l’audience du roi, Orosmane, qui se veut un souverain tolérant et non « un tyran invisible », accepte de recevoir son visiteur et découvre qu’il s’agit de Nérestan, un chevalier chrétien à qui il avait permis de se rendre en France pour y chercher la rançon de quelques captifs. Apportant la rançon de douze prisonniers dont Zaïre et Fatime, Nérestan demande au soudan de tenir sa parole et de libérer les captifs. Admirant la générosité du chevalier revenu pour reprendre ses fers, le soudan lui accorde gracieusement cent chevaliers mais refuse de libérer deux prisonniers : le vieux Lusignan, dernier des souverains chrétiens de Jérusalem, dont il craint toujours la rivalité, et la jeune Zaïre, qu’il veut épouser. Orosmane donne ses instructions pour officialiser son mariage mais devant l’insistance de Nérestan qui veut libérer Zaïre, Orosmane est pris de doute concernant les intentions du chevalier. Surprenant un regard entre Nérestan et Zaïre, il en devient jaloux même s’il se refuse à l’admettre. 

 

Acte II

 

Nérestan annonce à Châtillon, un chevalier français, que tous les captifs sont désormais libres sauf leur chef. Il lui confirme en même temps l’union de Zaïre avec Orosmane. Déçu par cette nouvelle, Châtillon demande à Nérestan de se servir de Zaïre pour obtenir la libération de leur chef. Zaïre entre en scène, s’excuse devant Nérestan d’avoir choisi de rester auprès du soudan, et, pour se faire pardonner, lui apprend qu’elle a sollicité et réussi à obtenir la grâce du vieux Lusignan. Le chevalier chrétien voit dans son comportement un signe de « vertu » dans « une âme infidèle ».

Après l’annonce de la bonne nouvelle, les prisonniers chrétiens tombent aux pieds de leur ancien roi qui apprend qu’il doit sa libération à l’action conjuguée de Nérestan et Zaïre. Grâce à la croix portée par Zaïre depuis sa naissance et une cicatrice sur le corps de Nérestan, le vieux Lusignan reconnaît en l’esclave et le chevalier ses propres enfants. Après les retrouvailles, découvrant avec effarement que sa fille est devenue musulmane, le vieux Lusignan la presse de devenir chrétienne et lui fait jurer de garder le silence sur ses origines.

 

Acte III

 

Orosmane avoue à son officier Corasmin que Zaïre a désormais une emprise totale sur son cœur et qu’il accepte de tout faire pour elle, au point de lui accorder un entretien secret avec Nérestan. Devant le discours du soudan, Corasmin se montre inquiet et explique qu’il craint les conséquences de la libération du vieux Lusignan. L’officier annonce ensuite à Nérestan que Zaïre veut le voir. Lors de cette entrevue, Nérestan déplore de devoir laisser Zaïre au sérail mais comprend qu’elle aime Orosmane. Zaïre jure à son frère de différer son mariage avec Orosmane jusqu’après son baptême.

Alors que le vieux Lusignan est en train de mourir, Zaïre se retrouve seule et perdue face au dilemme de son amour pour Orosmane et son souhait d’honorer sa religion. Recevant la visite du soudan qui vient la chercher pour le mariage, Zaïre, hésitante et désespérée, lui demande un jour de délai et sort après avoir réaffirmé qu’elle ne veut pas lui déplaire. L’attitude de Zaïre éveille la jalousie d’Orosmane qui ne doute pas de sa bien-aimée mais refuse de subir ses caprices et préfère se détourner d’elle afin de préserver son rang et sa dignité.  

 

Acte IV

 

Zaïre s’entretient avec Fatime et lui avoue regretter son attitude envers le soudan. Aimant Orosmane plus que tout mais voulant à tout prix préserver son secret, Zaïre évoque son désir de mourir que Fatime ne comprend pas. Venu annoncer à Zaïre la fin de son amour, le soudan comprend qu’elle l’aime encore et décide de lui accorder une dernière grâce en acceptant  qu’elle garde ses secrets jusqu’au lendemain. Perdu et déstabilisé face à l’attitude ambiguë de sa bien-aimée, le soudan continue à douter.

Méléador, son autre officier, lui apporte une lettre qu’il a interceptée, destinée à Zaïre, et dont il a emprisonné le porteur chrétien. Craignant d’abord le contenu de la lettre, Orosmane finit par la lire pour découvrir qu’elle invite Zaïre à un rendez-vous secret qu’il prend pour une invitation amoureuse de Nérestan. Se déclarant « épouvanté » par cette découverte, Corasmin encourage Orosmane à tuer Zaïre et Nérestan pour venger son honneur bafoué. Convoquée de nouveau devant Orosmane, Zaïre lui réaffirme son amour et se défend de ne pas tenir ses promesses mais le soudan la renvoie, puis, se retrouvant seul avec Corasmin, il avoue être toujours amoureux de la jeune femme et indique vouloir la laisser libre et préparer « le plus honteux supplice » pour Nérestan.

 

Acte V

 

Orosmane teste Zaïre en lui faisant parvenir la lettre par l’intermédiaire d’un esclave. Après avoir pris connaissance de la lettre, Zaïre souhaite s’entretenir avec Fatime. Celle-ci lui reproche d’aimer le soudan et de se soumettre à la volonté d’un Tartare « farouche » et menaçant qui cache un visage cruel derrière sa bonté apparente. Refusant de dévoiler son secret, Zaïre décide d’abord de rejoindre son frère avant de tout avouer au soudan, tout en implorant le secours divin. Ignorant que l’esclave qui lui a apporté la lettre est au service d’Orosmane, Zaïre lui demande de prévenir Nérestan. L’esclave raconte tout au soudan qui, emporté par la fureur, congédie tout le monde et crie sa haine. Se retrouvant seul et complètement perdu, il convoque de nouveau Corasmin, lui avoue son désir de se venger et son amour inconditionnel pour Zaïre. Pleurant pour la première fois, il va jusqu’à évoquer le sang et donne ses ordres pour faire arrêter Nérestan.

Alors qu’Orosmane guette aux alentours du sérail, et que Zaïre, le cœur « éperdu », s’avance à son rendez-vous présumé et appelle son frère, le soudan entend cet appel, se jette sur elle et la poignarde. Enfin, Nérestan arrive et explique au soudan que Zaïre n’est autre que sa sœur et qu’il venait lui rapporter les dernières volontés de son père, le vieux Lusignan. Le soudan, devant ce malentendu, terrassé par la tristesse, ordonne de rendre la liberté à tous les esclaves chrétiens, puis il se tue pour venger Zaïre.  

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