Zaïre

par

L’amour et la religion

La religion dans Zaïre divise l'ensemble des personnages en deux clans : les musulmans et les catholiques. Orosmane, Corasmin et Mélédor, musulmans turques, sont opposés à Lusignan, Fatime, Nérestan et Chatillon, chrétiens français. Zaïre étant au milieu de ces deux religions, n’est ni définie comme chrétienne, ni comme musulmane. Tandis que Nérestan insiste auprès d'Orosmane sur la différence qui caractérise leurs deux peuples. Cette différence se caractérise par l'identité nationale, mais surtout par l'identité religieuse de chacun. Zaïre, perdue entre deux religions, fait son choix en écoutant son cœur: «Peut-être sans l'amour j'aurais été chrétienne». Cette confrontation entre ces deux religions renforce l'amour de Zaïre pour Orosmane. La conversion de l'héroïne est donc une preuve d'amour envers le sultan.

L’opposition entre les deux religions et l’amour est au centre du drame. Dans la première scène, Zaïre nous livre une réflexion sur la foi du hasard de la naissance : « J’eusse été près du Gange esclave des faux dieux, / Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux. » Selon elle les vertus et les mérites ne dépendent pas du culte auquel on croit mais de chaque personne. Elle pose cette interrogation: « S’il était chrétien, que serait-il de plus ? ». A travers son personnage l’auteur pose la question directement au lecteur. Bien qu’elle soit jeune elle fait preuve d’une grande maturité, cependant elle est incapable de mettre en garde son frère contre le fanatisme et ses dérives. L’intolérance religieuse de ce dernier se termine par un dénouement tragique.

Cependant, le christianisme est exalté lors d’une tirade du vieux Lusignan lorsqu’il tente de convaincre sa fille « de revenir aux siens, le sang des martyrs et ce lieu même, Jérusalem, où Dieu est mort pour les hommes » puis « Mon Dieu ! J’ai combattu soixante ans pour ta gloire… ». Alors que le sultan traitait bien ses prisonniers, Lusignan considère qu’il a mené un combat pendant 60 ans et au nom de Dieu.

Par ailleurs, son frère, Nérestan fait preuve de fanatisme, intransigeant il accable sa sœur, déchirée entre son père, son frère et sa passion.

Puis lorsque le sultan tue Zaire il veut voir la vengeance divine et déclare à Orosmane : « Hélas ! Elle offensait notre Dieu, notre loi ; / Et ce Dieu la punit d’avoir brûlé pour toi». Pour lui les seuls coupables sont les impurs : le sultan et sa sœur, il ne pleure même pas sa perte. La religion est plus importante pour lui que la vie de sa sœur qu’il vient de retrouver. A la fin il de retrouve seul, il a perdu son père, sa sœur mais également le sultan qui lui accordait une confiance sans limite avant qu’ils se déchirent à cause de la religion.

Zaïre n’est pas une martyre consentante de sa foi, mais une victime du fanatisme. En effet lorsqu’elle parle à son frère elle dit « je souffre davantage » ce qui montre qu’elle est tellement déchirée par la situation qu’elle va jusqu’à évoquer sa propre mort. On peut penser qu’en quelque sorte la mort est une délivrance face à ce dilemme.

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