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  • Publié le : 4 novembre 2010
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Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?
Le désir est de l'ordre de l'existence, il accompagne l'être humain pendant toute sa vie car comme le dit Jean de la Bruyère : "la vie se passe tout entière à désirer". Exister consisterait alors à tendre sans cesse vers ce qu'on n'a pas, vers ce dont on manque. Le désir occupe donc une place prépondérante dans notre vie et la société actuelle est deplus en plus tournée vers la multiplication et la satisfaction de tous nos désirs. Vivant dans cet esprit de "société de consommation", on partage d'emblée l'opinion selon laquelle on atteint le bonheur en réalisant tous ses désirs. Cependant, le désir est par essence lié à la notion de manque. Le désir engendre-t-il forcément de la souffrance ? Est-il dans tous les cas associé à la tristesse ? Nepeut-il pas être source de bonheur ? (…)

désirer : Tendre vers un objet que l'on se représente comme source possible de satisfaction ou de plaisir.
nécessairement : Obligatoirement, absolument, forcément.
souffrir : • Éprouver douloureusement. • Éprouver une douleur physique ou morale. • Supporter la douleur, la fatigue.
A voir la question, il est souligné d'emblée une certaineinterdépendance entre le désir et la souffrance. Mais, au delà de cette relation, il nous est d'abord possible de remettre complètement en question le fait que ces deux termes soit unis. La souffrance, en effet, semble de prime abord le contraire du désir. Si nous désirons quelque chose, nous mettons tout en œuvre pour l'obtenir, et il en ressort une certaine activité, une joie dans l'organisation denos actions et de notre temps. La souffrance ,ce serait bien plutôt ne rien avoir à désirer, succomber au repos, à l'ennui, à la léthargie. A l'inverse, le désir augmenterait notre pouvoir sur les choses (par les mises en œuvre qu'il requiert pour sa satisfaction) et en même temps sa satisfaction elle-même nous conduirait à la joie. Cependant, le caractère éphémère du désir comme de la souffrancenous invite à les rapprocher. Ceux-ci seraient essentiellement liés au point que tout ce qui aurait trait à l'un aurait trait également à l'autre. N'y a-t-il désir que parce qu'il y a souffrance?  La souffrance semble révéler qu'il nous manque quelque chose. Or, le désir vise peut-être à combler ce manque et à nous soulager. Dans ce cas, c'est parce que nous souffrons que nous désirons, ce dernierse présentant alors comme un remède. Mais cela est loin d'être la seule relation possible entre ces deux termes. C'est peut-être à l'inverse parce que nous désirons que nous souffrons. La souffrance serait alors identifié au fait de devoir sans cesse essayer d'acquérir et de posséder ce que nous désirons. Nous serions dans ce cas tiraillés par un désir qui chercherait sans cesse sa satisfaction.Dès lors, la question se pose de savoir si le désir est la cause de la souffrance ou en est le remède . Il nous restera alors à chercher s'il est possible et même raisonnable de chercher à combattre les désirs par la raison, et quelle forme peut prendre ce combat.
Désirer est-ce nécessairement souffrir ? En tant que tension vers un objet qu'on imagine pouvoir être source de plaisir ou de plénitude,le désir -comme le Janus bifrons- recèle une dualité constitutive. Comme "tension", il nous voue nécessairement à la souffrance. Ne désirons-nous pas en effet que ce dont nous manquons ? Manque qui nous condamnerait au jardin des Supplices. Mais comme "source de plaisir ou de plénitude", le désir nous promet l'accès au jardin des Délices en étant la condition de possibilité même de la jouissance.En effet, il est à considérer que l'on aime désirer. Et personne ne souhaiterait acheter la paix de l'âme au prix de la mort du désir. L'absence de désir s'apparente beaucoup plus au mortel ennui qu'au bonheur. N'est-il pas d'ailleurs, d'après Épicure, l'alpha et l'omega de l'existence bien-heureuse pourvu que l'on sache le satisfaire avec prudence et parcimonie ? Toutefois, des questions se...
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