Le chat, la belette et la petit lapin

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  • Publié le : 28 juillet 2010
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Jean de La Fontaine est un célèbre conteur et poète de XVIIIème siècle. Déjà à cette époque, ses œuvres étaient très appréciées, y compris par la cours de Louis XIV. La fable, genre littéraire qui remonte à l’Antiquité gréco-latine, a été reprise tout au long de l’histoire jusqu’à ce que Jean de la Fontaine en fasse sa spécialité : il mêle son inspiration à celle de ses prédécesseurs. Il publiede 1670 à 1693 douze livres de fables dont le premier recueil est dédié au Dauphin de France. La fable intitulée le Chat la Belette et le petit Lapin, la seizième du livre VII, se rapproche d’un conte peuplé d’animaux familiers ; l’histoire d’un petit lapin et d’une belette entrant en conflit au sujet de la propriété.
Mais qu’est-ce qui nous permet de dire que ce texte est un apologue ?
Nousverrons dans un premier temps que ce récit est fait pour divertir, puis nous aborderons un autre but visé par la Fontaine : instruire.

I- Un récit divertissant caractéristique de l’apologue.

a) La vivacité et la concision du récit.

_ Récit bref avec une succession d’action : ça ne s’arrêter jamais.
_ Histoire très schématisée : *ellipse (lorsqu’ils vont voir le chat)*pas de situation initiale : tout ce qui n’est pas indispensable est éludé car l’auteur ne cherche pas à brouiller les pistes. Au contraire, cela permet de se concentrer sur le but de l’auteur.
_ L’action commence brusquement avec le rejet de « s’empara » : surprise, brutalité. De plus, « s’empara» indique une action rapide, mise au premier plan par un effet d’attente sur trois vers, qui invite àune diction rapide, renforcée par renforcé par l’absence de ponctuation aux vers un et deux.
*L’agitation est le propre du Petit Lapin qui « était allé faire à l’Aurore sa Cour (…) après qu’il eut brouté, trotté, fait tous ses tours ». L’absence « et » dans ce vers, suggère la rapidité et la répétition des gestes du lapin. Après son départ au vers six, et son retour au vers sept, il se voit «chassé du paternel logis » et presse Madame la Belette de « déloge[r] sans trompette », et au vers dix-neuf « il n’entrait qu’en rampant ». Tous ces verbes de mouvement indiquent un va-et-vient perpétuel, rapide et cadencé, d’autant mieux mis en valeur qu’ils se succèdent sur quelque vers.
_ Dialogues vivants : la parole est laissée aux personnages, ce qui confère vivacité et actualité au récit. «Ô là, Madame la Belette / Que l’on déloge sans trompette ».
*Le ton est léger, le vocabulaire piquant et amusant. Ainsi, le chat inspire au poète des tournures à la fois solennelles et drôles : les vers 32 à 35 le définissent tour à tour comme « un dévot ermite » mais « faisant la chattemite » ; « Un saint homme de chat » : La Fontaine fait de « saint homme » une locution adjectivale figée quiproduit un effet comique en mettant sur le même plan « homme » et « chat ». L’expression « bien fourré » est aussi un jeu de mots car elle évoque la fourrure du chat par le biais d’une expression figurée : « un chat fourré » désigne aussi un juge. Cette gaieté verbale amuse le lecteur dans ces descriptions animalières, mais aussi dans les dialogues qui composent cet apologue en le rendant plusvivant.
* Le style des dialogues traduit une volonté d’égayer la fable en lui donnant un certain charme, un air agréable.
*Le Lapin est d’abord un personnage ridicule, mais le ton change rapidement : « O Dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ? ». Cette exclamation semble émaner d’un noble personnage, mais parce qu’elle est prononcée par Janot Lapin, elle crée un effet burlesque. Celui-ci restegrandiloquent : il est « maître et seigneur ».
*La Belette illustre son habileté dans son discours, elle recherche une argumentation logique, et s’exprime par parallélismes : « A Jean fils / ou neveu // de Pierre / ou de Guillaume »
« Plutôt qu’à Paul / plutôt qu’à moi ».
Le Lapin repartit par la même construction : « la coutume / et l’usage » , « Rendu maître / et seigneur // et qui de...
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