Tous les matins du monde

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  • Publié le : 13 décembre 2010
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Contextes historique, littéraire et culturel

Tous les matins du monde, écrit en 1990, est une œuvre que l'on pourrait qualifier de contemporaine. Mais il est vrai aussi que le temps de l'écriture est celui du XVIIème siècle, celui de Louis XIV, des fastes de la Cour du roi, et de l'humilité d'un peuple croyant. Alors je vous propose ici un contexte historique, littéraire et culturel de cettepériode là.

I] Contexte historique
a) Le royaume de France
Tous les matins du monde s'inscrit dans la seconde moitié du XVIIème siècle. Ce siècle est marqué par le long règne – 1661-1715 – de Louis XIV qui consacre l'évolution de la monarchie française vers l'absolutisme. Le Roi-Soleil qui n'a pas oublié l'épisode de la Fronde, entend écarter les grands Seigneurs du pouvoir. Pour gouverner,il s'appuie sur son Conseil qu'il étoffe et divise en quatre sections :
- affaires étrangères
- dépêches
- finances
- questions judiciaires.
Ses principaux collaborateurs sont choisis parmi les membres de la bourgeoisie et de la noblesse de robe qui lui sont dévoués. Ainsi, Colbert devient en 1665 contrôleur général des finances.
Dans les Provinces, l'autorité royale est représentée parles intendants qui deviennent fonctionnaires permanents et révocables.
La puissance judiciaire se traduit par la multiplication des lettres de cachet par le souverain qui permettent l'emprisonnement arbitraire de tout sujet.
L'absolutisme s'étend aussi à la religion. Louis XIV est le lieutenant de dieu sur Terre, il s'oppose à la papauté en soutenant le clergé gallican, il persécute lesprotestants suite à la révocation de l'édit de Nantes en 1685, mais aussi les jansénistes mis en lumière par la destruction de Port-Royal en 1711.
Sous l'égide de Colbert, le roi impose une politique mercantiliste et suscite la création de manufactures. Enfin, il surveille la vie des arts qui sont chargés de célébrer sa grandeur. Il soutient les écrivains tels Molière et Racine et les musiciens, et cepar un mécénat actif.

b) Le jansénisme
Le jansénisme est né d'une fausse interprétation de la pensée de saint Augustin, faite par Jansénius, évêque d'Ypres.
Le calvinisme avait mis en vogue la doctrine de la prédestination. Tout le monde avait alors l'obsession plus ou moins pressante de la question du salut. D'autre part, on s'intéressait vivement, à cette époque, aux questions de psychologie.Le théâtre de Corneille, de Racine, de Molière, mettait à nu le jeu des passions et avivait la curiosité des choses de l'âme. Jansénius exposa ses idées sur le salut dans un livre, l'Augustinus, qui parut deux ans après sa mort, en 1640. Il prétendait reproduire la pensée de saint Augustin. En réalité, exagérant certaines tendances du docteur, il présentait l'homme comme irrémédiablement viciépar le péché originel. La grâce est cependant donnée à tous les hommes: grâce suffisante à ceux qui commettent des fautes, grâce efficace à ceux qui triomphent de leurs tentations. Dieu ne donne la grâce efficace qu'à ceux qui sont prédestinés. Il s'ensuit deux graves erreurs: 1° la négation du libre arbitre, 2° la négation de la volonté divine de sauver tous les hommes.
Cette doctrine, trèsvoisine du calvinisme, fut condamnée par le pape Innocent X (bulle Cum occasione, 31 mai 1653) et par le pape Alexandre VII (bulle Ad sacram, 16 Octobre 1656).
Elle s'était répandue assez rapidement chez des religieux et des laïcs, épris d'austérité religieuse. Les jansénistes exigeaient de longues pénitences après l'absolution du péché mortel - et prônaient un amour de Dieu si pur pour recevoir lasainte Eucharistie que la communion devenait presque impossible.
Le monastère de religieuses cisterciennes de Port-Royal-des-Champs, dans la vallée de Chevreuse, dont l'abbesse était Angélique Arnaud, avait embrassé le jansénisme avec ardeur.
Elle avait transféré sa communauté à Paris, rue Saint-Jacques (1625), laissant Port-Royal-des-Champs aux "solitaires", laïcs et prêtres, qui y fondèrent...
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