Commentaire d’un texte de spinoza extrait de l’ethique

Pages: 5 (1052 mots) Publié le: 14 mars 2010
Commentaire d’un texte de Spinoza extrait de l’Ethique

Pour l’essentiel des philosophes ayant écrit sur les affects et l’être humain, il semblerait que l’homme occupe un statut avantageux dans la Nature : il commence par se croire maître de sa puissance d’agir, maître de sa détermination ; il se pense indépendant de la Nature, coupé d’elle, seigneur au sein du tout des choses, de l’empirenaturel.
L’homme est-il vraiment « un empire dans un empire » ? Est-il réellement dispensé de suivre les lois de la Nature ?
Telle est la principale question que se pose Spinoza dans cet extrait de l’Ethique (son œuvre principale). Pourquoi agirions-nous différemment des autres éléments qui forment le grand tout ?
Spinoza dans une première partie expose l’opinion de ses adversaires philosophiques(ligne 1 à 7) : la manière d’être de l’homme ne dépend pas de la Nature, il est son propre maître. De là, il enchaîne sur les conséquences qu’entraînent chez l’homme cette pensée (lige 8 à 11) : maître de lui –même, il est obligé de chercher les causes de son impuissance à agir dans sa propre nature. Enfin, dans une dernière partie (ligne 12 à 14), Spinoza énonce sa thèse : tout est régit par leslois de la nature divine, sans exception.

Spinoza débute son texte par l’évocation de « Ceux qui ont écrit sur les Affections et la conduite de la vie humaine », pour qui il s’agit de « choses qui sont hors de la Nature ». Nous pouvons, entre autres, penser à Descartes pour qui l’âme détermine les actions humaines. Dans l’esprit de l’auteur de l’Ethique, la substance unique est Dieu, ou Nature(« Deus sive natura ») ; il est le tout des choses, ce que nous appelons plus communément le monde, le réel. Pour les adversaires philosophiques de Spinoza donc, l’homme ne se considère pas comme soumis à « l’ordre de la Nature », il est son propre maître. De ce fait, sa puissance d’agir, sa « détermination », ne dépendent que de lui puisque les affects qui régissent sa manière d’être sontconsidérés comme n’appartenant pas à la Nature : « [ils] semblent (…) traiter non de choses naturelles (…) mais de choses qui sont hors de la Nature » (lignes 2 et 3). Il se place en être supérieur, privilégié, en seigneur indépendant de l’ordre naturel. Cependant, un tel mode de pensée aboutit à certaines conséquences peu attractives.

En effet, Spinoza dans un deuxième temps, met en évidence lesconséquences qu’entraîne le raisonnement de ses opposants. Parce que les affections humaines ne dépendent pas de la Nature mais du propre de l’homme qui s’est détaché d’elle, alors l’être humain se voit obligé de chercher la cause de ses diminutions de puissance à agir, de son manque de volonté, c’est-à-dire de son « impuissance » et de son « inconstance », en lui-même. L’homme cherche une sorte de« vice » dans sa nature, une tare. Cet élément désavantageux qu’il tente de trouver en lui, ce ‘’défaut de fabrication’’, si l’on peut dire, l’amène à s’apitoyer sur lui-même, sur son essence… Il en vient à se moquer de sa nature puis à la déprécier, pire encore, à la haïr. Or les sentiments de tristesse, de colère, ou de haine sont des affects qui, dans la logique de Spinoza, débouchent sur une diminutionde puissance. Nous pouvons donc imaginer que le sort de l’homme qui se croit détaché de l’ordre naturel qui régit les choses est peu enviable. L’homme ‘’sans Nature’’ est misérable.

Après avoir exposé le raisonnement adverse, Spinoza aborde enfin sa propre thèse : les cartésiens et autres adversaires potentiels ont tort de chercher la cause de leurs affections en eux-mêmes. De fait, pour lephilosophe, l’homme est une partie du grand tout qui est Dieu (ou la Nature) et résulte de lui. Les affects qui agissent sur l’homme appartiennent à la Nature divine comme tout autre élément, comme les « choses singulières ». Pourquoi l’homme cherche-t-il à se différencier parmi les éléments du tout ? Que possède-t-il de différent ? Ne subit-il pas les lois de la Nature ? Pour Spinoza il...
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