Abraham Lincoln : L’homme qui rêva l’Amérique

par

Abraham Lincoln, clé de voûte de l’administration

À bien des égards, Abraham
Lincoln : L’homme qui rêva l’Amérique
va au-delà de la simple
biographie. La relation entre Lincoln et ses rivaux est largement abordée,
comme l’indique la suite du titre original, « équipe de rivaux ».

À travers les pages du compte-rendu de Doris Kearns Goodwin,
on découvre une administration au sein de laquelle se retrouvent des hommes
dont les ambitions étaient antagonistes. Certes chacun avait de grandes
espérances pour la nation et un profond sens du devoir, mais ils étaient
également handicapés par la croyance qu’ils étaient forcément les seuls
capables d’assumer le rôle de conduire la nation comme il le fallait.

Ainsi, lorsque Lincoln devient président et qu’il fait le
choix d’incorporer ses rivaux à sa famille politique, ces derniers y voient
l’occasion de faire de lui une marionnette, de saboter son influence ou d’augmenter
la leur. Cependant, comme le souligne longuement l’œuvre de Kearns Goodwin, au
fur et à mesure de leur collaboration, Lincoln se montre supérieur à ses
rivaux. Il devient le capitaine légitime de cette équipe de rivaux et lesdits
rivaux deviennent progressivement des collègues qui l’assistent fidèlement dans
l’exercice de ses fonctions.

« Toutefois,
il devient vite évident qu’Abraham Lincoln sortirait capitaine incontesté de ce
cabinet bien étrange, une véritable équipe de rivaux. Les puissants concurrents
qui avaient au départ dédaigné Lincoln devinrent des collègues qui
l’assistèrent pour diriger la nation au moment de ses plus sombres
jours. »

“It soon became clear,
however, that Abraham Lincoln would emerge the undisputed captain of this most
unusual cabinet, truly a team of rivals. The powerful competitors who had
originally disdained Lincoln became colleagues who helped him steer the country
through its darkest days.”

L’étude que fait l’auteure de la relation des rivaux entre
eux et de leur relation avec Lincoln permet particulièrement d’enrichir le
récit. Entre eux, les rivaux Seward, Chase, Stanton, Bates et bien d’autres n’avaient
que peu de terrains d’entente, mais ils étaient tous capables de s’entendre
avec Lincoln, ou dans le cas de Bates, de le tolérer. L’administration de
Lincoln se caractérisait par le fait que le président était en fait la clé de
voûte sans laquelle l’appareil ne pouvait fonctionner.

Par la force de son charisme et par les orientations
judicieuses qu’il a su prendre au cours des crises qu’a traversées le pays,
Lincoln a su transformer ses rivaux en alliés et ses plus grands détracteurs en
admirateurs. Seward qui percevait initialement Lincoln comme une marionnette à
manipuler fut le premier à admettre son savoir-faire, Bates qui le croyait
bienveillant mais incompétent fut le suivant. Stanton qui n’avait que du dédain
pour l’avocat des prairies finit par le respecter en tant que commandant en
chef. Même Chase qui continue longtemps de se montrer irrespectueux envers
Lincoln finit par admettre qu’il est un formidable stratège et qu’il s’est montré
politiquement plus habile que lui.

« Buchanan
croyait, écrit Allan Nevins, que le président “qui essaya de concilier des
éléments opposés en plaçant des agents déterminants de chacun au sein de sa
famille officielle, réaliserait qu’il n’avait fait que renforcer la discorde,
et approfondi les clivages du parti”. Bien qu’il soit possible que cette
équipe de rivaux s’entre-dévore, Lincoln estima qu’il “devait risquer les
dangers des factions pour surmonter les dangers de la rébellion.” 
»

“Buchanan believed, Allan
Nevins writes, that a president “who tried to conciliate opposing elements by
placing determined agents of each in his official family would find that he had
simply strengthened discord, and had deepened party divisions.” While it was
possible that his team of rivals would devour one another, Lincoln determined
that “he must risk the dangers of faction to overcome the dangers of
rebellion.””

Car, bien qu’il fût connu pour sa droiture morale, Lincoln
était un fin stratège au sens politique, pourvu d’un esprit vif et aiguisé.

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