Abraham Lincoln : L’homme qui rêva l’Amérique

par

La surprenante accession de Lincoln à la présidence

Abraham
Lincoln : L’homme qui rêva l’Amérique

est un livre particulièrement documenté qui revient sur des détails de la vie
de Lincoln bien avant qu’il ne devienne président des États-Unis. Toutefois,
ces détails de la vie de Lincoln, déjà abordés dans d’autres biographies du
célèbre président, sont mis en parallèle avec le passé de ses rivaux à la nomination
du parti Républicain pour l’élection présidentielle.

Au moment de la sélection interne du parti Républicain,
Lincoln fait face à trois autres candidats. Tous trois avaient des finances
plus enviables que celles de Lincoln, avaient reçu une éducation plus
approfondie dès l’enfance, rencontré de meilleures opportunités, ils avaient vécu
des mariages plus heureux et, dans l’ensemble, ils semblaient promis à un
avenir plus radieux que leur rival. Car Lincoln avait eu une enfance
relativement démunie ; il s’était formé en autodidacte. On parlait de lui
comme d’un « avocat des prairies ».

« Chaque
membre de cette administration était mieux connu, mieux instruit, et plus
expérimenté dans la gestion de la vie publique que Lincoln. Leur présence au
sein du cabinet risquait d’éclipser le mystérieux avocat des prairies de
Springfield. »

“Every member of this
administration was better known, better educated, and more experienced in
public life than Lincoln. Their presence in the cabinet might have threatened
to eclipse the obscure prairie lawyer from Springfield.”

Le mérite de l’œuvre de Doris Kearns Goodwin est justement
de montrer cette différence de potentiel qui existait entre Lincoln et les hommes
qui étaient ses rivaux à l’époque. Et une fois que la mesure du fossé qui
sépare ces hommes a été prise, la restitution des faits par Kearns Goodwin
laisse voir que Lincoln a su surmonter ses handicaps par la force de sa
détermination et de son charisme.

« Ce
qui manquait à Lincoln en termes de préparation et d’orientation, il le
rattrapait par son impressionnante concentration, sa mémoire phénoménale, ses
solides facultés de raisonnement, et son sens de l’interprétation très poussé.
Bien que n’ayant joui d’aucun enseignement en sciences et dans les classiques,
il était en mesure de lire et de relire ses livres au point de les avoir
entièrement assimilés. “Prenez les livres, et lisez et étudiez-les,”
a-t-il dit à un étudiant en droit à la recherche de conseils en 1855. Il
importe peu, continua-t-il que la lecture se fasse dans une petite ou dans une
grande ville, seul ou avec d’autres. “Les livres, et votre capacité à les
comprendre, sont les mêmes où que vous soyez… Gardez toujours à l’esprit que
votre propre détermination à réussir, est plus importante que toute autre
chose. »

“What Lincoln lacked in
preparation and guidance, he made up for with his daunting concentration,
phenomenal memory, acute reasoning faculties, and interpretive penetration.
Though untutored in the sciences and the classics, he was able to read and
reread his books until he understood them fully. “Get the books, and read and
study them”, he told a law student seeking advice in 1855. It did not matter,
he continued, whether the reading be done in a small town or a large city, by
oneself or in the company of others. “The books, and your capacity for
understanding them, are just the same in all places… Always bear in mind that
your own resolution to succeed, is more important than any other one thing.”

Il n’est pas envisageable de parler de Lincoln sans parler
de son charisme. Il avait l’incroyable faculté d’attirer les autres à lui, de
les attacher à sa cause, il était éloquent et surtout, il avait un degré
d’empathie qui lui a permis d’obtenir le soutien de foules. Cependant, certains
aspects de son parcours surprennent, par exemple son accès à la présence dans
une nation hautement chrétienne et très portée sur la croyance, alors qu’il
n’avait lui-même que peu de foi en l’existence du paradis chrétien, en la vie
après la mort et en d’autres dogmes du culte chrétien. Une différence qui prend
certainement sa source dans les morts de sa mère, de sa sœur et d’Ann Rutledge,
son premier amour.

La biographie de Doris Kearns Goodwin ne fait pas de
l’ascension de Lincoln une surprise du fait de ses origines modestes, mais elle
met l’accent sur son élévation en dépit de rivaux mieux préparés que lui pour
endosser des rôles importants dans l’administration et la gestion de la nation.

« Il y
avait peu d’indices qui laissaient penser qu’Abraham Lincoln, marchant
nerveusement à travers les rues de Springfield ce matin de mai, qui n’avait pas
de réelle réputation nationale, qui n’avait rien pour égaler les trois autres,
qui n’avait fait qu’un seul mandat au Congrès, avait par deux reprises échoué à
entrer au Sénat, et n’avait aucune expérience administrative à proprement
parler, deviendrait la plus grande figure historique du dix-neuvième
siècle. »

There was little to lead one to
suppose that Abraham Lincoln, nervously rambling the streets of Springfield
that May morning, who scarcely had a national reputation, certainly nothing to
equal any of the other three, who had served but a single term in Congress,
twice lost bids for the Senate, and had no administrative experience
whatsoever, would become the greatest historical figure of the nineteenth
century.”

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