Alice au pays des merveilles

par

La vie, une énigme dépourvue de sens?

À l’époque de Carroll, l’éducation des enfants est très stricte, encadrée par des règles de vie et morales qu’il faut à tout prix respecter, mais aussi par des contes pour enfants qui sont formatés, ayant réponse à tout et sans contestation possible. Dans ce nouveau monde, le trajet d’Alice met en lumière le fait que dans la vie tout n’est pas aussi lisse et facile, que les situations sont souvent absurdes et difficiles à comprendre, et que chacun doit essayer de découvrir l’énigme de la vie, le sens réel qu’elle peut avoir pour chacun. Il montre au lecteur que la confiance mêlée à l’intelligence, que la curiosité teintée de l’envie de connaître son voisin, permettent souvent d’apporter une réponse aux cas de conscience difficiles, ou apparaissent du moins comme une aide.

Par exemple, lorsqu’au premier chapitre, Alice découvre la petite fiole de potion de décroissance, au lieu d’obéir aveuglément à l’ordre indiqué sur l’étiquette « Buvez-moi », elle va d’abord s’attacher à vérifier si la bouteille ne porte pas l’inscription « Poison » dissimulée quelque part : « C’est bien facile à dire « Buvez-moi, » mais Alice était trop fine pour obéir à l’aveuglette. « Examinons d’abord, » dit-elle, « et voyons s’il y a écrit dessus « Poison » ou non. » Car elle avait lu dans de jolis petits contes, que des enfants avaient été brûlés, dévorés par des bêtes féroces, et qu’il leur était arrivé d’autres choses très-désagréables, tout cela pour ne s’être pas souvenus des instructions bien simples que leur donnaient leurs parents. » Cet épisode illustre la méfiance que l’on doit inculquer aux enfants et qu’Alice manifeste opportunément, mais également la candeur et la naïveté de sa pensée. En effet, la simple absence de la mention « poison » suffit à convaincre Alice que boire la fiole ne représente aucun danger, selon les règles dispensés par les contes pour enfants qu’elle a l’habitude de lire. Cependant, les effets de sa décision sont radicaux puisqu’elle rapetisse : elle ne pouvait pas s’y attendre, puisque dans ces mêmes contes, la tromperie, la supercherie n’existent pas, tout est limpide comme de l’eau de roche. Alice découvre donc à cette occasion que chaque phénomène peut donner lieu à des conséquences bonnes ou néfastes, et que bien souvent, une action peut à la fois comporter de bons et de mauvais côtés. Ceci fait écho aux énigmes que propose le Chapelier fou : parfois il n’y a pas de réponse, parfois plusieurs, et il faut réussir à trouver son chemin malgré la confusion qui menace. 

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