Andromaque

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Comparaison avec Andromaque de Racine

Andromaque inspira plusieurs écrivains et auteurs après Homère, à l’instar de Vigile, Racine et Euripide. Bien que chacun d’eux s’inspire d’une section différente de la mythologie, leur personnage principal (Andromaque) demeure modérément le même. Ayant précédemment étudié la tragédie Andromaque de Racine, nous essaierons donc de la comparer à l’Andromaque d’Euripide, en faisant ressortir certaines similarités et différences entre les deux notamment au travers des divers personnages.

De prime abord, remarquons que Racine et Euripide s’inspirent de deux segments différents de la mythologie qui se complémentent pour raconter l’histoire d’Andromaque. Dans la tragédie de Racine, l’auteur nous présente Andromaque et Astyanax (fils d’Hector) prisonniers de Néptolème après la guerre de Troie. A ce moment, Oreste est envoyé chez Néptolème pour le convaincre de libérer Astyanax et de le livrer aux Grecs (qui entreprennent de le tuer) mais Néptolème utilise cet atout pour faire du chantage à Andromaque et la convaincre de l’épouser. Euripide quant à lui, continue l’histoire et nous présente Andromaque faisant déjà partie du foyer de Néptolème. Quel que soit le contexte, Andromaque demeure une victime de son sort, « toujours baignée de larmes ».

Deuxièmement, on se rend compte qu’en fonction du contexte (et de l’écrivain), les rôles de héros et vilains changent. Par exemple, chez Racine, Néptolème apparait comme le vilain car il manipule Andromaque en lui faisant un chantage atroce : elle doit choisir entre épouser le fils de l’homme qui tua son mari, ou voir son propre fils mourir. Ici, Néptolème apparait donc comme un tyran impitoyable. Chez Euripide, Néptolème est présenté comme un homme vertueux du fait qu’il se soit rendu chez Phébus pour obtenir miséricorde pour la faute qu’il a commise. Dans sa bataille contre le peuple de Phébus qui l’attaque, Néptolème apparait comme un héros : « il s'élance contre eux par un bond qui rappelait le saut troyen » et Euripide l’identifie à son père : « Alors le fils d'Achille tomba…». On remarque ainsi une certaine « contradiction » dans le caractère, qui nait à cause des contextes différents d’écriture. Même dans le personnage d’Andromaque, il y a un certain changement (ou plutôt une découverte). Racine nous expose majoritairement son côté sensible, mais Euripide ajoute à cette sensibilité un certain dédain, une rancœur qui la rend beaucoup plus rigide et comme le Chœur (dans la pièce d’Euripide) on se rend compte qu’elle parle aux hommes « …avec plus d'audace qu'il ne convient à une femme », et que sa « modestie naturelle » semble l’avoir abandonnée. Ironiquement, chez Racine comme chez Euripide, Andromaque est soumise au même chantage (bien que l’oppresseur soit différent, Ménélas assumant ce rôle dans le second cas) où elle doit choisir entre sa vie et celle de son fils et comme une répétition du passé, elle choisit son fils (qui est dans ce cas Molosse, fils de Néptolème).

S’il y a dans la pièce un personnage qui ne change pas réellement, c’est sans doute Hermione. Depuis l’œuvre de Racine on savait déjà qu’elle avait des tendances démoniaques et jalousait Andromaque. Chez Euripide, son démonisme prend une toute autre dimension. Il la fait asseoir sur un trône et lui offre tout ce dont une méchante reine peut rêver : richesse, puissance, contrôle, etc. Euripide montre ainsi combien sa haine et sa méchanceté s’accrurent avec ces honneurs. Quant à Oreste, on sait aussi (depuis l’œuvre de Racine) qu’il est capable de mal. La différence est dans ses motivations : chez Racine, Oreste commet le mal par amour (pour Hermione), mais chez Euripide il le fait par vengeance (contre Néptolème).

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