Andromaque

par

Une histoire de Vengeance

Andromaque d’Euripide est avant tout une histoire de vengeance. Chaque personnage a un contentieux à régler avec un autre, même le plus vertueux (Pelée). Hermione veut se venger d’Andromaque qu’elle accuse de lui avoir volé le cœur et l’attention de son mari ; Oreste veut se venger de Néptolème pour lui avoir volé le cœur d’Hermione et Ménélas supporte Hermione dans sa vengeance contre Andromaque. Néanmoins, le désir de vengeance de Ménélas (ou bien son support dans la vengeance de Hermione) trouve aussi des racines plus profondes. En effet, lui-même a du ressentiment envers Andromaque pour la personne qu’elle est : l’épouse d’Hector. Malgré la mort d’Hector lors de la guerre de Troie, Ménélas ne se sent toujours pas soulagé de sa haine envers Hector, qui a toujours été un guerrier supérieur à lui. Par conséquent, il veut détruire Andromaque, car non seulement elle lui rappelle Hector, mais ce serait aussi sans doute pour lui une manière d’établir son infériorité, même après sa mort.

Bien que la violence du texte corresponde à son désir de vengeance, la manière explicite par laquelle Euripide permet à ses personnages de s’exprimer, donne une toute autre dimension à cette pièce de théâtre. On se croirait dans un combat de la mythologie grecque perse ; à lire (ou à entendre) ces personnages décrire leurs actes de cruauté avec tant d’animosité. Chacune de leurs répliques est assez explicite, suffisamment pour faire frissonner l’audience. Même le personnage qui semblerait le moins capable de commettre de tels actes (Pelée, à cause de son âge avancé et de son caractère vertueux) se montre capable de crimes : « J'ensanglanterai ta tête avec ce sceptre. » Les mots « tuer » et « tuera » sont mentionnés plus de 10 fois dans la pièce et le mot « égorger » est mentionné deux fois ; comme pour nous rappeler combien était fréquent l’usage de l’épée et du glaive en ces temps. Même le récit de la mort de Néptolème fait quelque peu trembler : « les traits de toute espèce, les flèches, les dards, les broches des sacrifices, les couteaux à égorger les bœufs, tombaient à ses pieds.» C’est sans doute cette expression ouverte de violence qui donne à cette tragédie une dimension beaucoup plus réelle, nous transposant de ce monde vers le monde de la mythologie grecque.

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