Balafon

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Résumé

         « Mappemonde »

 

         *Lettres à mes amis

 

         – À Kong-fu-tseu (nom complet du philosophe Confucius)

         Dans ce poème incantatoire, Mveng réalise une communion parfaite entre l’Afrique et l’Asie – « Jaune, tu es mon Levant / […] Et je te salue moi l’Afrique à midi dans la plénitude de mon soleil ». Revient régulièrement dans le poème la métaphore de la porte qu’on ouvre (en l’occurrence sur l’Asie) – c’est qu’il s’agit du principal motif de cette lettre amicale : le poète remercie le philosophe de lui avoir fait découvrir la culture et l’histoire chinoises. Plus qu’une communion effective entre deux individus, c’est une communion symbolique entre deux civilisations.

        

– À Roland-Roger (nom symbolique qui pour Mveng désigne le Français moyen)

         Le principe de ce poème est le même que pour le précédent, mais cette fois la communion qui se joue est entre l’Europe et l’Afrique. On sait à quel point le passé commun des deux continents est sombre. Toutefois le poète remercie Roland Roger de lui avoir permis de surmonter sa méfiance spontanée envers les Européens. Il peut désormais embrasser leur culture sophistiquée, ce qu’il fait effectivement dans le poème en détournant, en s’appropriant mythes et monuments : « Je suis les châteaux du pays de Galles, / sur la Tamise, je suis le vieux Marinier sans espoir de retour / Je suis le radeau l’adieu de Tristan et d’Iseult ».

        

– À Moteczuma (nom d’un empereur aztèque du XVIe siècle)

         À nouveau on retrouve le principe de la communion intercontinentale, entre l’Afrique et l’Amérique. La communion passe par le ressassement du passé douloureux des ancêtres esclaves. Le poème se conclut malgré tout, comme les deux précédents, sur une note d’espoir. Avec ces trois lettres le recueil se place sous le signe du cosmopolitisme et de la paix mondiale, non par décret gouvernemental mais par le biais du lien entre les individus.

        

*Lettre collective

 

         Ce poème réalise la communion mondiale esquissée dans la précédente section. Le poète imagine avoir reçu une réponse de chacun de ses trois amis, et il leur formule une réponse commune, promesse d’amour infini et universel : « Le rythme de la vie / En nous / Chante à l’unisson ».

 

         « Dépaysement » : Ce poème évoque l’activité poétique de manière métaphorique, en associant lexique de l’écriture et lexique du travail de la terre. C’est également une forme d’invocation de la Terre, de l’Humanité, qui rappelle les invocations aux muses des poètes antiques. Le poète cherche ici l’inspiration dans l’ici-bas et non dans la religion ou une pensée métaphysique.

 

         « Ostende-Douvres » : Le poète fait une nouvelle série d’appels incantatoires, mais cette fois pour louer des paysages dont la valeur poétique n’est pas évidente, en l’occurrence des villes belges et grises. La démarche de Mveng se précise : son amour universel est réellement inclusif, et il parvient à faire communier Afrique et Belgique.

 

         « Requiescant in pace » : Le poème, écrit sous la forme d’un dialogue, ressemble pour tout dire à une tragédie antique dont on n’aurait conservé que les interventions du Chœur. Puisque le poème contient des indications musicales, on suppose qu’il était destiné à la mise en voix. C’est un hommage à la ville minière belge Marcinelle, où un éboulement causa la mort de plusieurs dizaines de mineurs. Une nouvelle fois une forme noble est employée pour un sujet apparemment terre-à-terre.

 

         « New York » : Le poète célèbre la ville, celle de New York en particulier, mais aussi en général. Le plus frappant est qu’il ne conçoit pas de rupture entre les paysages naturels et les paysages urbains – il semble que pour lui la ville se déploie dans la continuité de la nature ; il en parle d’ailleurs comme si elle était une forêt : « Ici la forêt vierge a la densité que j’ordonne verticale d’acier, horizontale de lianes ».

 

         « Moscou » : Le poète évoque une Russie encore communiste, et sa démarche consiste à vouloir passer outre les idéologies. Il veut que les hommes communient, en oubliant qu’ils sont partisans. Dans tous les monuments de Moscou, le poète appelle à un retour à l’amitié ancestrale.

 

         « Adamawa » : Ce poème se concentre sur le village de Mokaghibly, situé au nord de la République centrafricaine, près de la frontière du Tchad, dans le plateau qui prolonge l’Adamaoua à l’Est. Le poète célèbre cette « borne » géographique, en tant que, par son statut de borne, elle est aussi un haut lieu d’échanges culturels.

 

         « Tu reviendras, Sénégal ! » : Le poète incite le Sénégal à ne pas perdre espoir en insistant sur le fait que d’ici peu, le pays sera de nouveau sur pied, pour rejoindre le mouvement de paix général : « Tu reviendras, / Nous irons / Par-delà nos exils, vers l’Afrique de nos rêves / Fraternelle, libre, indivisée ».

 

         « Épiphanie » : Ce poème prend à nouveau la forme d’un dialogue, mais cette fois l’imaginaire invoqué relève davantage de l’imagerie biblique. Tout le poème consiste en fait à montrer que « les mains sales » et « l’or pur », l’ignoble et le noble, se valent, participent du même mouvement de vie.

 

         « Pentecôte sur l’Afrique » : Dans ce long poème épiphorique (une majorité des vers se termine par l’exclamation « Pentecôté ! »), le poète rêve que l’Afrique festoie à l’unisson.

 

         « Mère » : Ce poème, le plus long du recueil, est divisé en six grandes sections. Il est structuré par un triangle de personnages : le poète, sa mère et Dieu, dont les rôles semblent interchangeables. Il s’agit d’un hommage à sa mère, où partout l’on sent une certaine culpabilité, du fils prodigue parti de la maison pour étudier et qui craint d’avoir trahi ses origines ou d’être oublié.

 

         « Postface » : La mère de Mveng est décédée. Le poète rêve d’une porosité entre le monde des vivants et le monde des morts, de façon à pouvoir encore visiter sa mère indéfiniment.

 

         « Offrande » : C’est le poème final de cette trilogie maternelle, et en même temps le poète final du recueil. Mveng construit toute une rêverie verbale et mystique autour du leitmotiv : « Ma mère avait une marmite ». Finalement la mère est assimilée à Dieu.

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