Barbe bleue

par

Don Elemirio Nibal y Milcar

Saturnine Puissant rencontre cet homme de quarante-quatre ans car il a fait passer une annonce : il recherche une locataire, à qui il cédera une chambre de 40 m2 dans son appartement avec salle de bain indépendante et libre accès à la cuisine, en plein Paris, pour cinq cents euros seulement. Au prix du marché de l'immobilier c'est très peu. Don Elemirio habite un somptueux appartement richement meublé. Seule contrainte pour la locataire – une femme, jamais un homme : ne pas pénétrer dans une pièce interdite, la chambre noire. Juste après l’arrivée de sa première locataire, explique don Elemirio, « j'ai eu besoin de trouver une retraite. Il y avait cette pièce vide, dont j'ai peint l'intérieur et la porte en noir. Je m'y isolais, laissant une ampoule allumée. J'avais créé le néant, le non-être. »

Quand Saturnine et le lecteur font sa connaissance, le portrait est peu flatteur : « Son physique était tout juste acceptable. Il portait les vêtements les plus ordinaires, rien dans son allure ne retenait le regard. Quant à sa conversation, elle n'existait pas. S'il avait fallu lui trouver une qualité, elle aurait eu du mal. » L'opinion hâtive de Saturnine sur la conversation terne de don Elemirio sera bientôt battue en brèche puisque la quasi-totalité du livre consiste en de longs entretiens entre les protagonistes. Cela dit, don Elemirio est un personnage pour le moins étrange. Il se présente comme espagnol, Grand d'Espagne. La grandesse d'Espagne est le plus haut échelon de la noblesse espagnole. À ce titre, il se considère comme l'être le plus noble du...

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