Boris Godounov

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Résumé

Début du XVIIe siècle : la Russie vient de perdre son tsar, dernier fils d’Ivan le Terrible. Deux boyards (nobles) de la cour, dont Soisy, discutent de la succession, réalisant contre leur volonté qu’il est probable que Boris Godounov, principal ministre du feu tsar, prendra le trône, même s’il est bien connu que Boris a fait assassiner le petit Dimitri, autre fils d’Ivan qui eût été l’héritier. Boris se cloitre et jure ne pas vouloir le trône, préférant se faire prier de l’accepter que de le saisir. Le peuple se rallie à son bord, et Shouisky aussi, en habile politicien.

Le vieux moine chroniqueur Pimen conte à son protégé Grishka comment il a été témoin de l’assassinat de Dimitri. Grishka, apprenant que le tsarévitch défunt aurait eu son âge, fuit le monastère, décidé à assumer le nom de Dimitri et à mener une révolte contre Boris. Il est mis au ban de l’église. Boris au Kremlin rumine sur les troubles qui pèsent sur son royaume, les désastres qui affligent sa famille, sur le repos qui le fuit, et sur son crime, qu’il croit responsable de tout cela.

Grishka manque de se faire arrêter par la police à la frontière de la Lituanie, où il compte s’échapper pour lever une armée. Shouisky reçoit de son ami Pouchkine la nouvelle qu’un prétendant prenant le nom de Dimitri fomente une révolte. Bien qu’ils sachent qu’il ne s’agit pas du vrai Dimitri, les deux nobles décident d’attendre et d’aviser. Boris est interrompu lors d’un moment tranquille avec sa famille par la nouvelle de l’existence du prétendant ; il fait sortir son fils pour s’assurer qu’il n’apprenne pas l’assassinat de Dimitri. Il insiste pour que Shouisky confirme que c’est en effet Dimitri qui a été tué. Laissé seul, il souffre et avoue sa peur, mais refuse de la laisser paraître.

Grishka se fait catholique pour adjoindre les Polonais à sa cause ; il rencontre Kurbsky, fils d’un noble jadis exilé par Ivan le terrible, qui se rallie à lui. Grishka rassemble son armée et marche sur Moscou, où Boris se protège.

La fille d’un gouverneur polonais, Marina, se pare et se prépare à attirer le prétendant Grishka dans l’espoir de devenir sa reine. Elle y est poussée par son père. Grishka s’entiche d’elle, à tel point qu’il lui révèle qu’il n’est pas Dimitri mais un moine échappé. Marina le traite d’imbécile pour le lui l’avoir dit, et refuse de l’épouser avant qu’il n’ait prit Moscou. Avec Kurbsky, le prétendant mène son armée à la frontière russe et la franchit.

Boris donne ses ordres pour soulever le pays contre l’envahisseur, choisissant de se passer de l’aide que lui offre la Suède. Cherchant à éviter de faire couler le sang, il sollicite l’avis du patriarche (équivalent orthodoxe du pape), qui suggère qu’il n’y a qu’à faire éclater la vérité sur l’identité du prétendant. Il offre une preuve que le vrai Dimitri est mort : des miracles s’accomplissent près de sa tombe. Shouisky s’oppose à la suggestion de faire transporter le corps de l’enfant à Moscou et propose à la place d’aller lui-même proclamer la fausseté de l’identité du prétendant. Boris accepte tandis que ses boyards commentent l’effet que le récit du patriarche a eu sur le tsar.

Des mercenaires étrangers discutent de la bataille entre Basmanov et le prétendant qui vient de la remporter. À la sortie de la cathédrale de Moscou où l’on excommunie Grishka, le peuple attend que Boris sorte. Un mendiant faible d’esprit se fait maltraiter par des enfants ; quand sort Boris, il lui demande de l’aide, mais refuse de prier pour le « tsar Hérode », bien que ce dernier l’ait traité avec gentillesse.

Un prisonnier russe est interrogé par le prétendant, révélant que Boris a rappelé son meilleur général près de lui et que des exactions commencent à être commises à travers le pays. Le prétendant décide de livrer bataille à l’armée russe, bien qu’elle compte 50 000 hommes et qu’il n’en ait que 15 000 à sa suite.

Après la bataille, qu’il a perdue, Grishka se lamente sur son cheval et accuse ses hommes de l’avoir trahi. Pouchkine, qui s’est rallié à son bord, est malgré lui impressionné par sa confiance.

Grishka ayant recréé son armée, Boris envoie Basmanov reprendre le contrôle de l’armée russe pour mettre en fuite le prétendant une bonne fois pour toutes. Il ne voit plus d’avantage à la pitié et permet à Basmanov de torturer et d’exécuter tant qu’il le veut. Mais tout d’un coup Boris s’écroule, la bouche et les oreilles pleines de sang. Réalisant qu’il va mourir, il appelle son fils, à qui il confie le trône, lui faisant des recommandations pour son règne à venir, mais refusant toujours d’admettre son crime. Comme le font traditionnellement les tsars, il se fait vêtir en moine et tonsurer pour pouvoir mourir en religion. Il confie la Russie à son fils, enjoignant à ses nobles de le soutenir.

Pouchkine essaie de convaincre Basmanov de se rallier au prétendant et de cesser de protéger les enfants de Boris, soulignant que l’opinion publique est du côté du prétendant, qui gagnera donc infailliblement, et que Basmanov ne fera qu’étirer les souffrances de la Russie s’il persiste à se battre. Basmanov est tiraillé entre la vérité de ces propos et son serment fait à Boris.

En fin de compte il se rallie au prétendant, et Pouchkine, à Moscou, exhorte la foule à faire de même. Le peuple se range aux côtés de Grishka et se met à réclamer le sang des enfants de Boris. Quelques gens en prennent pitié. Des nobles accompagnés d’archers arrivent dans leur logis ; on entend le bruit d’un combat et le hurlement d’une femme. Les nobles sortent annoncer que les enfants de Boris se sont suicidés, et commandent à la foule de crier « Vive Dimitri ! », ce que ces derniers se refusent à faire.

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