Boris Godounov

par

La russophilie

Une vague de russophiliese met à prendre de l’ampleur au XIXe siècle en Russie. Pays ouvertsur l’Europe seulement au début du XVIIIe siècle par Pierre leGrand, l’Empire est divisé entre la masse des petites gens et la cour. Cettedernière préfère se croire entièrement européenne ; le français y estd’ailleurs la langue courante plutôt que le russe, langue considérée comme barbare.La réaction contre cela trouvera son chantre en Pouchkine, slavophile acharné. Ildevient le poète le plus reconnu de Russie en donnant ses titres de noblesse àla langue russe, comme Dante l’a fait pour l’italien. Dans Boris Godounov il va plus loin et affirme que l’histoire russe vautbien celle des autres pays. En traitant les chroniques russes comme Shakespearea traité les chroniques anglaises, il hisse l’histoire russe au rang de l’art. Ensomme, tout en prenant comme modèle une idole européenne, Pouchkine insiste pourque la Russie survive sans calquer sur elle une vision du monde issue d’ailleurs.

La satire concernant lesétrangers et les catholiques s’explique donc. La conversion de Grishka au catholicismeest d’ailleurs le moment où le public perd toute sympathie pour lui, s’il luien restait. De plus Pouchkine met en scène bon nombre de personnagesparticulièrement russes, comme par exemple les moines soulards Varlaam etMissail, ou le fou. Ce dernier peut être difficile à comprendre pourl’étranger, mais les fols-en-Christ ont une grande réputation en Russie. Presquenus, portant de longues chaînes, ce sont des mendiants à l’esprit trouble quiprient et sont considérés comme de saints hommes ; surtout, ils ont uneliberté de parole absolue. C’est pour cela que Boris refuse que le fou soitmaltraité, même après qu’il l’eut accusé d’être un meurtrier.

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