Ce qui fut sans lumière

par

Un questionnement intime

            Quoiqu'il soit fait mention ici ou là d'une compagne ou de compagnons, dans l'ensemble le narrateur se présente comme solitaire dans sa demeure, seul face à lui-même et à ses souvenirs : « J'ai à demeurer seul ».

            Peut-être est-ce aussi cette solitude qui le pousse à être aussi attentif aux mouvements de la nature qui l'entoure. Son regard de poète est très précis, comme ultrasensible. Il voit des symboles, des signes ou des épiphanies dans les choses les plus infimes : « Le voyage de l'homme, de la femme est long, plus long que la vie, / C'est une étoile au bout du chemin, un ciel / Qu'on a cru voir briller entre deux arbres. / Quand le seau touche l'eau, qui le soulève, / C'est une joie puis la chaîne l'accable ». Ici le poète file une métaphore sur le sens de la vie à partir des mouvements d'un seau au fond d'un puits.

            Il se remémore son enfance, qui lui est sans doute rappelée par le fait de se trouver à nouveau dans cette maison de famille : ainsi le poème « Une pierre », qui décrit l'enfant qu’il était et dont les traces de pas sont maintenant accompagnées de celles de sa compagne. On peut sentir ici la surprise de l'adulte prenant conscience de sa propre maturité, dont il n'avait pas anticipé le développement. Dans un poème, il serre la main de son...

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Dissertation à propos de Ce qui fut sans lumière