Consuelo

par

La perpétuelle recherche d’identité

Laquestion de l’identité individuelle est largement traitée dans Consuelo.Consuelo connaît, depuis le début du roman, des mutations identitaires qui laconstruisent et la déconstruisent au fur et à mesure. Il n’y a que deux momentsoù elle est véritablement elle-même : au début du roman, alors qu’ellen’est encore qu’une enfant, et à la fin, lorsque son identité véritable estassumée par le biais d’Albert, qui la délivre de l’enveloppe qui la camoufle.

Eneffet, au départ, la jeune fille ne se cache pas d’être espagnole, de mèrebohémienne, elle n’est qu’une enfant avec une voix en or. Mais dès le début, cesont les autres qui nient son identité. Ils ne la désignent pas par son vraiprénom mais par le sobriquet de Zingara, quimet ainsi en avant son origine bohémienne. La petite fille est au départ connuenon pas comme un individu, mais comme appartenant à une ethnie qui n’a pas saplace parmi les jeunes Vénitiennes pétulantes.

Consueloconnaît ensuite les affres de la séduction brutale du marchand italien quitente de faire d’elle sa maîtresse. Elle apprend donc à dissimuler sonidentité, et même son sexe, comprenant que la route qu’elle prend alors n’estpas sûre pour la jeune fille qu’elle est. Pour les besoins de sa survie etl’accomplissement de son voyage, elle décide donc de nier son identité toutentière, y compris sa condition de femme, condition qui l’a précisément jetéesur les routes. Elle avait déjà découvert l’aisance que procure l’abandon de lacondition féminine lorsqu’elle refusait à Anzoleto de porter des robes tropserrées et de se poudrer les cheveux, clamant l’indépendance qu’elle aimait àoffrir à son corps. Ainsi, l’identité – masculine ou féminine est toujoursfluctuante chez Consuelo – homme, femme, elle passe de l’un à l’autre etsemble trouver des avantages et des inconvénients à chacun des deux sexes.

Au-delàde ce flou identitaire, elle doit également abandonner son prénom lorsqu’elleentre au service des Rudolstadt. Elle se fait appeler « laPorporina », craignant que les habitants du château des Géants neparviennent pas à prononcer son nom. C’est ainsi une part de son identitéqu’elle abandonne puisque son nom, signifiant « consolation », faitécho à son art, bénéfique pour l’oreille des auditeurs et pour elle-même.Zdenko, dans sa clairvoyance de fou, l’interpelle avec son vrai nom lors deleur première rencontre : « Qui donc,se disait-elle, a trahi le secret de mon incognito, au point que le premiersauvage que je rencontre dans ces solitudes me jette mon vrai nom à la tête? » Elle ne retrouve cette identité que lorsqu’Albert, à l’article dela mort, la délivre de ce carcan en l’appelant de nouveau par ce prénom.

Ainsi,l’identité semble être une chimère chez Consuelo, qu’elle ne cesse d’attirer àelle puis de repousser. Elle a besoin d’éléments extérieurs, Zdenko puisAlbert, pour se retrouver.

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