Consuelo

par

VOLUME 1

Venise, XVIIIe siècle. Le roman s’ouvre surune démonstration de virtuosité du personnage éponyme. Consuelo est invitée parson professeur de musique à chanter devant toute sa classe, parce qu’ilconsidère qu’elle est son meilleur élément, et ses camarades n’en croient pasun mot. Consuelo s’exécute sans fierté ni honte et ravit tout le monde. Oncomprend que si Consuelo déclenche le mépris des autres filles, c’est qu’elleest pauvre, bohémienne, et que sa beauté ne correspond pas à la norme.

         Le comteZustiniani, « un jeune et beau seigneur », a entendu Consuelo chanteret il est sous le charme. Le professeur refuse de lui donner le nom de la jeunecantatrice car il sait que le comte est directeur d’une salle de spectacle etqu’il accapare les filles prometteuses à son profit. Le comte présente un ténorde dix-neuf ans doté d’un bon potentiel au professeur, un certain Anzoleto, quidit être le fiancé de Consuelo et qui est en tout cas aussi démuni qu’elle. Leprofesseur révèle au comte que Consuelo est la chanteuse qu’il cherche, lecomte la trouve trop laide et abandonne ses plans.

         Anzoleto,lors d’une sorte d’audition publique, surprend par son talent et sa maîtrise.Il se fait remarquer par la Corilla, une grande et belle cantatrice qui a del’influence dans les milieux artistiques et politiques. Il s’agit probablementdu début d’une grande carrière.

         Leprofesseur dispute Anzoleto. Il pense qu’il a du talent mais pas assez detechnique ; il pense aussi qu’il n’aime pas la vraie bonne musique. Dansles deux cas, il pense qu’Anzoleto part sur une mauvaise voie. Anzoleto badineavec la Corilla et quitte les lieux avec elle en secret. Il semble totalementavoir oublié Consuelo.

         LaCorilla et Anzoleto se font quelques serments puis se quittent. Anzoleto, queses habituels camarades de la rue ne reconnaissent pas parce qu’il estrichement vêtu, rejoint Consuelo. Elle fait démonstration d’une piétéexemplaire, à l’égard d’Anzoleto, qu’elle aime follement, et de sa mère morte.

         Le comteinsiste auprès du professeur : il veut une nouvelle chanteuse pour sonétablissement. Il organise de force une audition informelle à laquelle ilconvie les plus belles élèves du professeur. Anzoleto propose Consuelo, mais lecomte refuse une nouvelle fois car elle est laide.

         Anzoletoest choqué par les paroles du comte. Il prend conscience à cette occasion qu’ilétait aveuglé par l’amour et que la beauté de Consuelo est en effetparticulière. Il en est bouleversé et un peu honteux.

         Anzoletorejoint Consuelo et ils discutent. Troublé, il essaie de savoir si elle estréellement laide ou non. Dans ce dialogue, il fait preuve d’une naïveté comique.

         Leprofesseur, résigné, persuade le comte d’écouter Consuelo, quand bien même ellene serait pas à son goût visuellement parlant. Si elle le séduit, il pourral’engager. Si elle ne le séduit pas, elle deviendra enseignante aux côtés duprofesseur.

         Le jourde l’audition, Consuelo se pare tant bien que mal, préférant le confort àl’élégance. Son chant est sublime et elle convainc tout le monde, le compositeurde l’air qu’elle a chanté y compris.

         Lesuccès de Consuelo grandit, et le comte tombe peu à peu amoureux. La tensionentre le comte et Anzoleto monte.

         Lorsd’un cours particulier, le professeur observe attentivement Consuelo chanter etil conclut qu’elle n’a plus besoin de lui, et même qu’elle n’avait plus besoinde lui, en réalité, depuis longtemps.

         Le comteessaie de se rapprocher de Consuelo. Anzoleto la met en garde mais Consuelo,innocente, ne discerne pas les mauvaises intentions possibles du comte.Pourtant, c’est un fait : le comte, le lendemain, va faire signer un contrat àConsuelo, tandis qu’il semble avoir tout à fait oublié Anzoleto. Consuelopromet de faire en sorte qu’il ait lui aussi un contrat. On sent égalementqu’Anzoleto brûle de désir pour la jeune femme, et qu’il aimerait consommerleur amour, mais qu’elle est bien trop innocente pour avoir des desseinssimilaires.

         Anzoleto,plus tard, surprend une conversation entre le comte et l’un de ses amis. Lecomte avoue qu’il est éperdument amoureux de Consuelo et son ami l’incite à seméfier d’Anzoleto, dont il sous-estime les charmes. Son ami, de surcroît,l’invite à se marier avec elle dès le lendemain, pour ne pas être doublé.Anzoleto considère désormais le comte comme un rival. Il va chez Consuelo etveille sur elle tandis qu’elle dort. Dans la nuit, le comte s’immisce chez ellesur la pointe des pieds, croyant la trouver seule. Comme Anzoleto le surprend,il prétend être venu ici pour clore le contrat. Consuelo se réveille et refusede signer le contrat s’il n’inclut pas Anzoleto. Le comte accepte à contre-cœur,et les deux jeunes chanteurs signent. Le contrat, que Consuelo ne lit pas, engage de confiance, semble pourtant malhonnête, il stipule : « Anzoleto etConsuelo s’engageront conjointement aux conditions qu’il plaira à monsieur lecomte Zustiniani de leur imposer après leurs débuts, qui auront lieu le moisprochain au théâtre de San-Samuel. »

         Le beaumonde est perplexe et pense que le comte a eu une mauvaise idée en employantces chanteurs miséreux. Anzoleto, pour éliminer une rivale potentielle, va voirla Corilla.

         LaCorilla est furieuse qu’il n’ait plus donné signe de vie après leurs sermentsmais, après une longue dispute, elle couche avec lui pour se venger de Consuelo.Cette relation devient régulière et les deux amants s’attachent l’un à l’autre.Anzoleto a peur que le comte apprenne cette relation car cela mettrait un termeà sa carrière. Consuelo n’aime pas qu’Anzoleto passe ses soirées avec laCorilla, mais non par jalousie : elle préfèrerait qu’il travaille sonchant.

         Lapremière du spectacle arrive. Consuelo est époustouflante et la Corilla estfurieuse car Anzoleto lui a menti en minimisant les talents de Consuelo. Ils sequerellent et la Corilla lui révèle qu’elle envie terriblement Consuelo.

         LaCorilla essaie de convaincre Anzoleto qu’il ne doit pas rester auprès deConsuelo, qui lui fera toujours de l’ombre. L’argument produit son effetpuisque quand Anzoleto rejoint Consuelo, c’est de cela qu’ils discutent. Consueloincite Anzoleto à travailler plus.

         Anzoletos’égare entre les conseils de ses deux amours. La Corilla l’incite à moins secontenir, Consuelo l’incite à se maîtriser davantage. Consuelo s’inquiète desabsences de plus en plus fréquentes de son ami et, un soir, part à sarecherche. Elle atterrit chez son professeur, qui lui ordonne de mettre fin àsa relation nocive avec Anzoleto. Comme elle résiste, il la mène chez laCorilla, où elle voit « son amant auprès de sa rivale dans un voluptueux tête-à-tête. »

         Consueloest ébranlée mais reste calme. Elle ne comprend pas le comportement d’Anzoleto.Le lendemain, elle apprend que le comte remplace Anzoleto par un autre chanteurnommé Stefanini. En fait, Anzoleto a prévu de partir conquérir la France en compagniede la Corilla. Après la représentation, Consuelo s’évanouit et le comte profitede l’occasion pour l’embrasser. Elle fuit et part en Autriche avec lacomplicité de son professeur mais sans prévenir ni le comte, ni Anzoleto.

         Anzoleto,malgré l’adhésion du public qui lui revient peu à peu, s’enfuit de Venise unenuit sur une impulsion.

         Consueloarrive dans une riche famille vénitienne. La maîtresse de la maison, la baronneAmélie, avait demandé au professeur une jeune femme pour sa distraction. La communicationentre Consuelo et la famille est difficile, notamment parce que l’une parleitalien et l’autre allemand.

         Consuelose renomme Nina, diminutif du féminin de Porporino (le nom de son professeur).La baronne Amélie lui raconte les histoires surnaturelles de sa famille pendantplusieurs chapitres.

         On luifait également écouter la baronne Amélie chanter. Consuelo est consternée carelle chante très mal, mais elle est obligée de saluer son talent par politesse.

         Quandc’est à son tour de chanter, son génie enflamme la passion du cousin Albert,qui devient d’emblée amoureux fou.

         Un jourle cousin Albert disparaît. La famille, qui se montre décidément trèssuperstitieuse, demande à Consuelo de chanter pour l’attirer et le fairerevenir. L’artifice ne fonctionne pas, mais comme toujours, l’art de Consueloenchante la famille. Après son chant, un soupir sorti de nulle part se faitentendre, un soupir presque fantomatique.

         Lecousin Albert ne revient pas. Un jour qu’elle prie dans la chapelle, Consuelo voitune statue se mettre en action. Cette statue sépare ses mains jointes et faitle signe de croix. Consuelo est abasourdie.

         Dans lechapitre suivant, la statue s’avère être le vieil oncle Christian, que Consuelon’avait pas reconnu. C’est un rebondissement facile, mais il a son intérêt : alorsqu’elle est placée dans un contexte où tout le monde croit au surnaturel, l’espritde la jeune fille devient confus.

Consuelo éprouve de la culpabilité pour avoir provoquéla folie et la fuite du cousin Albert. Elle souhaiterait à ce moment connaîtremoins le chant et mieux la philosophie et la théologie pour saisir lesmouvements de l’âme d’Albert, qu’elle ne comprend pas très bien.

         Consuelocherche Albert dans la nature. Elle ne le trouve pas mais rencontre un sauvagefou qui la poursuit un peu et connaît son nom. Elle ne sait pas comment le foua pu apprendre son nom et entreprend de résoudre plus tard ce mystère.

         Consuelo,en discutant avec Amélie, apprend que le fou s’appelle Zdenko et qu’il estl’ami fidèle d’Albert. Elle croit aussi discerner chez Amélie une certainejalousie à l’égard des sentiments qu’Albert a pour elle. Consuelo, cependant,apprend à se servir de Zdenko pour communiquer avec Albert. Elle lui faitparvenir des messages et des cadeaux par son intermédiaire.

         Lesrecherches se font dès lors avec plus de détermination et de moyens, maistoujours en vain. Un soir, Consuelo croit voir Zdenko rentrer dans la chambred’Albert. Elle interpelle la famille mais quand ils fouillent la chambre il n’yest pas. Consuelo a une idée de ce qui pourrait bien se passer ici, mais n’enfait part ni à la famille ni au lecteur. Elle commence à mener son enquête.

         Elleveille une nuit et surprend Zdenko qui entre dans la propriété de la famillepar un mécanisme très sophistiqué, prend un livre dans la bibliothèque d’Albertet repart. Elle en déduit qu’Albert est vivant et en bonne santé, puisqu’ilressent le besoin de lire. Consuelo pense pouvoir le retrouver et se sent, dureste, assez fière de son habileté. C’est sur cette image que s’arrête lepremier volume.

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