Consuelo

par

Le comte Albert de Rudolstadt

Il vit en Bohème, dans la région des Carpates, aux côtés de sa famille, et porte le poids de l’héritage d’une vieille dynastie. Fils du comte Christian, fiancé à la jeune baronne Amélie tout juste sortie du couvent, habitant « un vieux manoir très vaste, appelé, en vertu de je ne sais quelle tradition, le château des Géants », il parle très peu et semble souvent absorbé dans une rêverie qui dépasse l’entendement de sa famille.

Sa route croise celle de Consuelo alors que celle-ci se voit contrainte de quitter Venise. Recommandée auprès des Rudolstadt en tant que professeure de chant, le comte l’accueille dans le château mais garde un comportement étrange et fuyant. Il possède un serviteur, Zdenko, qui tout comme Consuelo est d’origine bohémienne. Ce dernier, à moitié fou, s’adresse à Consuelo en espagnol, lui remémorant d’anciens souvenirs et attisant le souvenir de ses origines et de ses jeunes années. Elle éprouve alors de la curiosité pour ce serviteur, ainsi qu’une fascination redoublée pour son maître.

Celui-ci semble devenir peu à peu tout aussi aliéné, selon sa famille du moins, que son serviteur Zdenko. Il traverse de longues périodes de mutisme pendant lesquelles il se réfugie dans la montagne où il disparaît plusieurs jours durant. Supposé épouser la jeune Amélie, celle-ci se refuse obstinément à cette union, arguant de la prétendue folie de ce prétendant.

Cependant, l’esprit du comte, incompris, rejeté, demeure prompt à la réflexion, quoi qu’en disent ses proches. Comme il l’explique à Consuelo : « Dans mon enfance, je n’aimais que les victimes : je me suis pris de charité pour les bourreaux, pénitents déplorables qui portent dans cette génération la peine des crimes qu’ils ont commis dans des existences antérieures, et que Dieu condamne à être méchants, supplice mille fois plus cruel que celui d’être leur proie innocente. »

Il semble exister une connexion entre Consuelo et lui, en particulier par le biais de Zdenko le bohémien. Dans les dernières pages du roman, Albert, en semi-état de délire, s’adresse à Consuelo en espagnol sans le moindre accent germanique et lui affirme son amour en l’appelant par son prénom, qu’elle dissimule aux Rudolstadt et qui a pour signification « consolation ». Il en appelle à elle pour l’aider à guérir de sa maladie, une fièvre qui tourmente son esprit et qui l’emportera finalement à la fin du roman.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le comte Albert de Rudolstadt >