Des femmes et de leur éducation

par

Choderlos de Laclos

Choderlos de Laclos naît à Amiens en 1741 dans une famille de robe et de noblesse récentes. Poussé vers la carrière militaire, il intègre le Corps Royal d’artillerie en 1760 ; il est fait sous-lieutenant en 1761 et lieutenant à la Brigade des Colonies en 1762. À défaut de guerre, le jeune homme qui rêvait de gloire devra se contenter d’une vie peu palpitante de garnison. À Grenoble, où il est envoyé en 1769, les personnages de son futur roman commencent à se dessiner. En 1771 il est nommé capitaine et le reste jusqu'à la Révolution. Le jeune homme se veut déjà, alors, un homme de lettres, un poète, puisque Souvenirs et Épître à Églé paraissent dès 1773 dans l’Almanach des muses. Il s’illustre aussi dans la fiction à travers des contes, mais toujours écrit en vers : La Procession et Le Bon Choix.

Alors qu’il est à Besançon en 1775, sa production littéraire se diversifie encore : il se fait librettiste pendant les temps morts, et écrit La Matrone, mais encore Ernestine, œuvre inspirée d’un roman de Marie-Jeanne Riccobini, qui sera mis en musique deux ans plus tard ; l’opéra est cependant éreinté par la critique.

Détaché à Rochefort en 1779, le jeune homme a toujours beaucoup de temps libre et lit abondamment : d'abord Rousseau auquel il voue un culte, puis Marivaux – La Vie de Marianne lui inspirera peut-être l’idée de la représentation d’un individu, lequel change au fil de ses expériences, au lieu de celle d’un caractère comme il était de coutume –, Richardson ou Henry Fielding. En 1780 – ou dès 1778 selon les sources – il entame la rédaction d’un roman à travers lequel il compte peindre les mœurs de l’époque et espère briller en société. Après deux congés de six mois Les Liaisons dangereuses paraissent en quatre volumes en 1782. La recherche des clefs du roman, des personnages historiques derrière les personnages fictifs, avec son parfum de scandale, participe à l’immense succès de l’ouvrage.

 

La forme comme le fond de l’œuvre sont très connus : il s’agit d’un recueil de lettres sulfureuses, dépourvues de toute frivolité ou sentimentalité, qui ont quelque chose de martial qui n’a pas rien à voir avec la carrière de leur auteur. Tout tourne autour du couple formé par deux anciens amants restés amis : le vicomte de Valmont, un jeune libertin beau et spirituel, et la marquise de Merteuil, une fausse dévote machiavélique. Paris et les sentiments de chacun sont leur terrain de jeu. Valmont a jeté son dévolu sur la citadelle que représente la présidente de Tourvel, épouse irréprochable qu’il s’agit de faire fléchir. Valmont doit en outre commettre le crime, commandité par Mme de Merteuil, de corrompre Cécile de Volanges, une jeune fille tout juste sortie du couvent – proie trop facile pour Valmont, mais il convoite toujours son amie et veut lui complaire –, et ce pour se venger de Danceny, le fiancé de la jeune fille. Valmont réussira en tout mais sa partenaire de crime se révèlera jalouse d’un amour devenu trop sincère entre son ancien amant et Mme de...

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