Des femmes et de leur éducation

par

Un éloge de la femme naturelle

Cette femme rendue avilie par la société, avec l’aide d’une éducation monastique et d’une conception de sa beauté totalement stéréotypée, incapables de la préparer à une vie adulte épanouie, a cependant, selon Laclos, possédé une force naturelle, une féminité pure qui, elle, détient un potentiel conséquent. Cependant, pour bien comprendre les idées de Laclos en ce qui concerne la beauté naturelle d’une femme, il faut nous reporter au contexte de l’époque. En effet, du fait des mœurs et des croyances établies, on tendait à penser que tout ce qui venait de l’eau et des ablutions était à proscrire, que se baigner trop souvent pouvait apporter des maladies et était néfaste au bon fonctionnement et à l’apparence du corps. Ainsi, plutôt que de se laver régulièrement, on privilégiait les poudres à étendre sur la chevelure afin qu’elle paraisse propre, les parfums forts et entêtants pour dissimuler l’odeur peu agréable que dégageait le corps. Laclos remet en question cette tradition, d’abord non pas par souci d’hygiène, mais en affirmant que trop de fards et d’ajouts ne font qu’altérer la beauté naturelle de la femme. Il défend l’idée que la parure doit s’accorder avec la femme, et que pour bien se vêtir, elle doit d’abord connaître son propre corps. En effet, elle doit se préoccuper de savoir quels sont ses atouts, ses formes, afin de les mettre en valeur. Dans les Liaisons Dangereuses, le vicomte de Valmont affirme que madame de Tourvel, qu’il convoite avec ardeur, est sublime lorsqu’elle ne porte pas de parure propre à dissimuler son être. « Pour être adorable il lui suffit d’être elle-même ». En effet, la figure féminine que l’homme convoite n’est pas celle de la femme fardée à outrance et poudrée, mais celle qui est dissimulée sous la parure qu’elle met en place, et qui a justement excité l’intérêt des hommes pour ce qu’elle leur soustrait d’abord.

 

L’homme serait donc à la recherche d’un idéal de nature, de perfection : Laclos compare cette beauté à celle de la statue grecque, où la nudité révélatrice semble atteindre la perfection faite humaine. En effet, le charme d’une personne dépend de l’homme qui la contemple, et des goûts de celui-ci. Ainsi, la valeur féminine universelle, que tous peuvent s’accorder à aimer et à désirer, resterait la femme au naturel. Selon l’auteur, aucun charme ne peut être ajouté à une femme dont le regard porte les marques de la finesse de son âme et de la qualité de sa réflexion. Ceci nous amène donc au dernier point de notre analyse : la manière dont Laclos envisage l’éducation des femmes naturelles, dans l’hypothèse où la société le permettrait, devrait contribuer à la rendre encore plus belle par l’élévation de son intelligence et de sa culture.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Un éloge de la femme naturelle >