Désert

par

Résumé

Le roman de Le Clézio raconte deux histoires parallèles sur une période de deux années consécutives ; l’histoire de Nour qui se déroule au XXe siècle alterne avec celle de Lalla, qui se passe au début de l’année 1980. 

Le roman commence avec la description d’une caravane de nomades se déplaçant dans le désert marocain en direction de la ville de Smara. Parmi le groupe des Sahariens se trouve Nour, jeune homme très croyant au bon cœur. D’autres caravanes ont prévu de se retrouver dans la ville de Smara pour rencontrer le cheikh et chef spirituel Ma el Aïnine et échanger au sujet de la menace imminente des Français et des Espagnols sur le territoire. Le cheikh reçoit un groupe de guerriers parmi lesquels Nour attire particulièrement son attention. Quelques jours plus tard, Ma el Aïnine reçoit le jeune homme en tête-à-tête et ce dernier lui explique qu’il est un descendant d’Al Azraq, l’Homme Bleu, le maître du cheikh. Puis les hommes reprennent la route et se dirigent vers le nord, en quête d’une terre sainte promise par Ma el Aïnine.

Un deuxième récit commence. Lalla, une jeune fille de quinze ans rebelle et déterminée, vit depuis la mort de sa mère qu’elle n’a pas connue chez sa tante Aamma dans le bidonville de « la Cité ». Lalla passe la plupart de son temps à se balader dans les dunes avec le Hartani, un jeune berger noir sourd-muet, ou à écouter avec intérêt les récits du vieux pêcheur Naman, évoquant tantôt des créatures inconnues comme les dauphins, tantôt les villes européennes de la Méditerranée. Aussi, elle va souvent voir Es Ser, une sorte d’esprit, immatériel et protecteur, dont le nom signifie en arabe « le secret ». Un jour, la tante Aamma emmène Lalla à la rencontre de la vieille Zara qui l’embauche dans son atelier de couture. La jeune fille peut enfin gagner de l’argent et aider sa tante à subvenir à ses besoins. Cependant, indignée par la violence et la brutalité de son employeuse, Lalla finit par quitter son emploi. Animée par le besoin d’argent, sa tante pense alors à la marier à un homme fortuné mais Lalla rejette l’idée de ce mariage arrangé. Elle part se réfugier chez son ami le pêcheur Naman et assiste à sa mort. Profondément affligée par cet événement, Lalla bascule dans la tristesse et l’amertume. Elle épouse Le Hartani et décide de s’enfuir avec lui vers le sud. Le trajet s’avère particulièrement éprouvant pour la jeune fille.

L’histoire de Nour reprend avec le long voyage des nomades sahariens vers le Nord. Guidés par leur chef Ma el Aïnine et ses fils, les hommes luttent contre des conditions difficiles et perdent beaucoup des leurs. Lors du voyage, Nour rencontre un soldat aveugle qui compte sur une intervention du chef spirituel Ma el Aïnine pour recouvrer la vue. Touché par l’histoire du guerrier, Nour se propose de l’aider et de le guider. La nuit, le soldat aveugle lui raconte son enfance et ses souvenirs. Après la traversée du désert, les nomades remontent la vallée du Draa, passent par la palmeraie de Taïdalt avant d’arriver à la ville sainte de Sidi Ahmed ou Moussa où ils font une longue prière désespérée avant de reprendre leur route. À l’entrée de Taroudant, Nour se demande si la ville leur ouvrira ses portes.

La deuxième histoire se poursuit avec l’évocation d’un autre voyage, celui de Lalla, désormais enceinte, qui se dirige en bateau à destination de Marseille où elle est censée rejoindre sa tante Aamma. À son arrivée, la métropole française lui offre l’image d’une ville-monstre qui écrase les hommes et plonge leur quotidien dans l’ennui et le désespoir. Dans la vieille ville, Lalla s’installe chez sa tante qui travaille à l’hôpital. Elle rencontre Asaph, le frère du pêcheur Naman ; il lui propose de travailler avec lui à son épicerie mais elle décline l’offre. Lors de ses longues promenades, pendant lesquelles elle observe les immigrants tout en veillant à rester inaperçue, Lalla fait la connaissance d’un jeune gitan du nom de Radicz, âgé d’à peine quatorze ans, qui vit dans les terrains vagues en dehors de la ville. Très vite, une amitié se noue entre eux. Lalla continue de penser au désert, au berger Hartani et à Es Ser. À la recherche d’un emploi, elle finit par être embauchée en tant que femme de ménage à l’hôtel Sainte-Blanche où elle s’installe et développe de nouvelles amitiés tout en dissimulant sa grossesse. Elle n’y reste pas longtemps cependant, mais elle pourra amener son ami Radicz dans un magasin puis l’inviter au restaurant avec l’argent qu’elle a gagné, dont elle fait peu de cas. Au restaurant, un photographe approche Lalla et lui propose de poser pour lui. Prenant le nom de sa mère Hawa, la jeune femme accepte la proposition à condition de garder la liberté d’arrêter leur collaboration à tout moment. Ses photos se retrouvent bientôt sur les couvertures des magazines et Lalla-Hawa gagne très vite en notoriété. Cependant, toujours désintéressée, elle rend son salaire au photographe ou le donne aux mendiants.

L’histoire de Nour reprend avec la longue marche des nomades. Rejetés aux portes de la ville promise, les disciples de Ma el Aïnine décident de continuer leur voyage vers le nord, et plus précisément Marrakech où se trouvent le Commandeur des Croyants et le fils de leur chef, Moulay Hiba. Comme attendu, Ma el Aïnine intervient auprès du soldat aveugle et lui rend la vue. Puis deux troupes de soldats français, dirigées par le général Moinier, poursuivent les hommes du désert, les rattrapent et prennent vite le dessus sur eux. Le rapport de force, du fait des armes française, est inégal. Le groupe des nomades est littéralement massacré mais Nour survit à l’attaque et pleure la mort de son ami, le guerrier aveugle.

L’histoire de Lalla reprend avec le destin tragique de son ami Radicz. Le premier jour de l’été, alors qu’il cherche des voitures à forcer, le gitan est identifié puis traqué par les policiers. Tandis qu’il court vers la mer, il est écrasé par un bus qui le tue sur-le-champ, sous le regard de Lalla, bouleversée.

L’histoire de Nour reprend à Tiznit où le cheikh Ma el Aïnine, après avoir perdu la vue, meurt dans les bras du jeune homme. Après la mort du cheikh, Nour rejoint les derniers nomades de la caravane qui continuent leur route vers le nord, rejoints plus tard par Moulay Hiba, le fils de Ma el Aïnine. Cependant, ils sont de nouveau attaqués par les troupes chrétiennes. Nour reprend finalement la route vers le sud avec les survivants.

L’histoire de Lalla reprend avec son retour à la Cité, suite à un long voyage éprouvant. Après une première nuit passée dans l’ancienne demeure du pêcheur Naman, elle accouche seule de son enfant sous un figuier, suivant le rituel et les gestes de ses ancêtres. Ainsi, Lalla Hawa prolonge la tradition et s’inscrit dans la lignée de ses aïeux. Le roman se referme sur l’image de l’enfant de Lalla, symbole de l’héritage ancestral retrouvé et de la perpétuation de la vie malgré les difficultés.

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