Don Quichotte

par

Sancho Panza

SanchoPanza, le serviteur de don Quichotte, n’accompagne son maître dans ses lubiesaventureuses que par appât du gain au départ, car l’hidalgo lui a promis une alléchante récompense pour ses services.Monté sur son âne qui trottine derrière la haute stature de don Quichotte, bonvivant à la panse développée (que reflète d’ailleurs son nom à programme :Panza), Sancho est tout l’opposé del’homme qu’il sert de par sa lucidité, ses deux pieds fermement ancrés à laterre et aux plaisirs que celle-ci dispense. Quand don Quichotte trouve sonbonheur et son évasion dans la lecture de livres traitant du Moyen Âge, SanchoPanza, lui, tente toujours de ramener son maître à la raison, s’exclamant parexemple : « Quelsgéants ? » lorsque don Quichotte croit voir en un champ parsemé demoulins une armée de ces monstres mythiques.

D’originepaysanne, Sancho Panza apparaît très brusquement dans le récit au chapitre 7. Ilfait irruption alors que don Quichotte vient le chercher et lui fait miroiterla promesse d’une petite fortune qui pousse le paysan à abandonner femme,enfants et propriété pour partir avec lui. Cependant, ce personnage est enconstante évolution, et son intérêt et les ressources dont il dispose ne fontque s’accroître au fil du roman, ce qui fait de lui un compagnon inséparable etparfaitement adapté à don Quichotte, leurs personnalités, leurs qualités etleurs défauts s’entremêlant harmonieusement. Ainsi, si son amour de lanourriture et de la boisson reste indiscutable et inhérent à sa personne, petità petit son esprit entrevoit d’autres intérêts dans la quête de don Quichottequ’une simple fortune à venir : « ils’en allait mangeant et cheminant au petit pas derrière son maître. De temps entemps il portait l’outre à sa bouche de si bonne grâce, qu’il aurait fait envieau plus galant cabaretier de Malaga. Et tandis qu’il marchait ainsi, avalant uncoup sur l’autre, il ne se rappelait aucune des promesses que son maître luiavait faites, et regardait, non comme un rude métier, mais comme un vraidélassement, de s’en aller cherchant des aventures, si périlleuses qu’ellespussent être. »

Ainsi,Sancho Panza s’inscrit dans l’œuvre de Cervantes comme le personnagecomplémentaire de don Quichotte, sans qui ce dernier ne serait que la moitié delui-même. Son esprit rationnel protège en un sens l’hidalgo déraisonnablequ’est son maître, cependant, la proximité de don Quichotte l’influence peu àpeu. Il se laisse prendre dans les filets du rêve éveillé de son maître, et àla fin de l’œuvre, rentre même avec lui dans son délire permanent. Ainsi,lorsque tous deux retournent à leur village d’origine, l’écuyer s’exclame :« Ouvre les bras, et reçois aussiton fils don Quichotte, lequel, s’il revient vaincu par la main d’autrui,revient vainqueur de lui-même ; ce qui est, à ce qu’il m’a dit, la plusgrande victoire qui se puisse remporter », louant par là son maître etsa quête.

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