Dora Bruder

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Résumé

Dora Bruder est un roman écrit par Patrick Modiano et paru en 1997. Le point de départ en est la lecture, en décembre 1988, d’une annonce parue dans Paris-Soir le 31 décembre 1941. Plus qu’une simple annonce, c’est un avis de recherche, qui émane de deux parents angoissés à la recherche de leur fille disparue, la jeune Dora Bruder. Patrick Modiano va être dès lors littéralement hanté par cette adolescente de quinze ans, dont il ne sait rien, et il va s’employer à reconstituer son parcours, à reconstruire la vie de cette jeune Juive disparue dans l’Holocauste et dont il ne reste, semble-t-il, que cette seule trace.

         Avec une patience de détective, détail après détail, Patrick Modiano remonte chaque piste qui s’offre à lui, mène minutieusement ses recherches sans jamais renoncer, et livre au lecteur le produit de sa quête en phrases simples, précises, sèches, comme celles d’un rapport de police. Il retrouve la trace du père de Dora, Ernest Bruder, et de sa mère, Cécile, tous deux morts à Auschwitz, comme Dora. Il croise la route de témoins et d’acteurs, morts pour la plupart, qui ont arpenté les rues de Paris comme il le fait quotidiennement. Il reconstruit pour un instant les lieux disparus, démolis, rasés, où s’est joué le drame de la petite fugueuse. À travers cette quête, Patrick Modiano raconte les rafles, les lois antijuives, les centres de rétention, les humiliations, et la mise au ban de la société d’une partie de la population. Il raconte aussi son père, ce père juif qui vécut l’Occupation dans la clandestinité, devenant trafiquant un peu louche et vivant comme un hors-la-loi – un père avec lequel il ne s’entendra jamais et qui le rejettera.

         Patrick Modiano ne retrouve que l’ombre de Dora Bruder, et imagine nombre d’éléments de la courte adolescence de celle-ci. Au fil des pages apparaît le portrait d’une jeune fille sans doute malheureuse, probablement effrayée, étouffée entre les murs d’un pensionnat catholique où ses parents l’ont enfermée afin de la protéger des dangers mortels du Paris de l’Occupation. La petite Dora fugue par deux fois, et le mystère demeure sur ce qu’il advient d’elle pendant ces moments. En revanche, Patrick Modiano ne laisse aucun doute sur le destin de la jeune Juive, ramenée à sa mère le 17 avril 1942 – son père est déjà interné à Drancy. La jeune fille fugue à nouveau puis elle est envoyée à la caserne des Tourelles, première étape du voyage vers la mort, le 19 juin de la même année. Le 13 août, elle est transférée au camp d’internement de Drancy où elle retrouve son père. Tous deux sont envoyés au camp d’extermination d’Auschwitz le 18 septembre, d’où ils ne reviendront pas.

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