Elle s'appelait Sarah

par

La portée historique de l’œuvre

Le souvenir de la rafle du Vel’ d’Hiv est l’héritage de l’un des moments les plus obscurs de l’histoire de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, la rafle n’a pas été l’œuvre de soldats allemands, mais de la police française. Le récit de Sarah est un testament écrit à la première personne des expériences horribles de la vie de ceux qui ont été déportés à ce moment. Sans être une condamnation ou un jugement de plus, l’histoire de Sarah permet à des lecteurs qui n’ont qu’une connaissance superficielle ou inexacte de la question d’imaginer vivre par eux-mêmes certaines des horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Le récit de Julia quant à lui constitue une exhortation à ne pas enfouir l’histoire. Les efforts de Julia pour reconstituer l’histoire de Sarah sont un exemple de ceux que la société devrait selon l’auteure elle-même fournir pour se réapproprier et assumer son passé. Aussi sombre que ce passé puisse être, lui faire face paraît la meilleure garantie pour empêcher que des événements du même ordre ne se reproduisent.

« Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs furent arrêtés dans Paris et sa banlieue, déportés et assassinés à Auschwitz. Dans le Vélodrome d’Hiver qui s’élevait ici, 4 115 enfants, 2 916 femmes, 1 129 hommes furent parqués dans des conditions inhumaines par la police du gouvernement de Vichy par ordre des occupants nazis. Que ceux qui ont tenté de leur venir en aide soient remerciés. Passant, souviens-toi ! »

Elle s’appelait Sarah est le fruit d’un minutieux travail de recherche de la part de l’auteure. C’est un livre à la portée historique indiscutable qui instruit le lecteur sur des éléments peu connus de la Seconde Guerre mondiale. Il donne des informations sur les conditions inhumaines dans lesquelles les déportés étaient contraints de survivre, sur la façon dont l’administration française d’alors avait conduit la rafle, sur un passé sordide, mais également sur les actes plus nobles. En effet, dans ce monde de brutes, il y avait encore des gens disposés à secourir les persécutés. C’est le cas de Jules et de Geneviève qui recueillent et adoptent Sarah lorsqu’elle parvient à s’évader avec son amie Rachel, des gens qui accueillent la petite fillette juive au sein de leur foyer et en font une sœur pour leurs deux enfants Gaspard et Nicolas.

Ainsi, malgré la période au cours de laquelle la jeunesse de Sarah se déroule, le récit contient des images moins sombres propres à contrebalancer les détails moins glorieux d’un passé dont beaucoup ignorent les détails les plus troublants.

« – Des camps ? Tu veux dire qu’il y avait des camps de concentration en France ?

– Ces camps sont considérés comme les antichambres françaises d’Auschwitz. Le plus proche de Paris était Drancy. Il y avait aussi Pithiviers et Beaune-la-Rolande. »

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