Emile ou De l'éducation

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Une approche novatrice de la religion

L’auteur, après avoir décrit les méthodes éducatives auxquelles il soumet Émile durant les différentes phases de son enfance et de son adolescence en vient, au livre IV, à exposer l’influence aliénante de l’Église en tant qu’institution dans le développement de la société. Dans une partie intitulée « Profession de foi du vicaire savoyard », il affirme rejeter la toute-puissance et l’autorité des écrits attestant de l’existence de Dieu, et de tous les ouvrages prônant toute doctrine catholique ou protestante, en dehors de l’Évangile.

Rousseau, s’il n’est pas athée, considère l’institution qu’est l’Église comme entièrement aliénante. Il explique que pour lui l’institutionnalisation de l’Église instaure une hiérarchie qui conditionne la société au même titre que la classe sociale, et en accentue les inégalités. Il affirme que la mise en place de cette hiérarchie va détourner l’élève, et le futur citoyen qu’il doit devenir, des principaux objectifs de la foi chrétienne : les valeurs que défend le Christ lui-même, telles que la justice, la bonté, le pardon, ou encore la générosité. Tels sont pour Rousseau les idéaux qu’un citoyen doit adopter afin de travailler à se rendre meilleur et ainsi contribuer à l’intérêt commun, opposés à la soumission aux désirs de l’Église. Celle-ci deviendrait plus une organisation à fin politique, et oublierait son rôle de guide spirituel dans le cœur des hommes : « Dès que les peuples se sont avisés de faire parler Dieu, chacun l’a fait parler à sa mode et lui a fait dire ce qu’il a voulu. Si l’on n’eût écouté que ce que Dieu dit au cœur de l’homme, il n’y aurait jamais eu qu’une religion sur la terre. ».

Rousseau met donc en valeur la multiplicité d’interprétations de la parole divine au sein d’écrits hors l’Évangile. Il montre que la religion est avant tout une affaire de conscience, que Dieu n’a pas besoin d’intermédiaire pour s’adresser au cœur des hommes et à leur morale.

 

« La profession de foi du vicaire savoyard » donnera lieu à une condamnation intégrale de l’Émile, considéré comme dangereux et blasphématoire. Celui-ci ne tend ni du côté catholique, ni en faveur des protestants, puisque c’est l’intégralité du système ecclésiastique qu’il rejette, ne tenant pour vrai aucun autre écrit que l’Évangile, vecteur des valeurs humaines et morales qui doivent régir la conduite de tout homme.

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