Essais

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Résumé

« Les Essais » représentent l’œuvre majeure de l’écrivain, penseur et philosophe Michel de Montaigne. Ils traitent tous les sujets : la médecine, les livres, les affaires intérieures, la politique et beaucoup d’autres, sans ordre particulier. Les Essais sont recherche et découverte de soi. Montaigne y mêle ses réflexions sur sa propre expérience et sur l’homme, ce qu’il observe et ce qu’il vit.

« Les Essais » devient ensuite une sorte de livre universel, une encyclopédie philosophique unique en son genre. On pourrait recentrer l’objectif de Montaigne dans une question concise et simple, mais pourtant primordiale : « qu’est-ce que l’homme ? Que suis-je, moi-même ? ». Pour y amener la réponse la plus claire et précise sur ce qu’est l’homme, Montaigne décrit l’humain dans tout ce qu’il vit, le bien, le mal, les misères et les espoirs. Il refuse d’avoir un avis tranché ni idéal, et rejette aussi les modèles présentés par les religions ou certains penseurs. Ce n’est pas un point de vue philosophique, mais une œuvre à la recherche de l’objectivité et de la neutralité, afin de chercher la réalité de la condition humaine, par l’observation quotidienne.

Cet écrit est ainsi une leçon de sagesse, mais aussi de tolérance et de compréhension.

Ces essais sont réunis en trois grands livres :

Le livre I regroupe des pensées plutôt impersonnelles et globales, pouvant toucher tout le monde, mais aussi des réflexions sur la politique et la manière de mener le pouvoir que ce soit en temps de paix ou en temps de guerre. En effet, Montaigne estime que la pitié et la bravoure peuvent avoir le même effet face à la haine et le mépris. Il estime aussi que la tristesse est un sentiment imbécile et faible, bien que la joie puisse avoir les mêmes conséquences dans une grande proportion. Il traite aussi de l’âme et des nombreux sentiments de l’être humain.

Il travaille autant sur les sentiments nobles que sur le mensonge ou les sentiments les plus vils. Il parle ainsi de la façon dont les hommes de pouvoir doivent vivre et accepter d’être au-dessus de la masse du peuple pour mieux gouverner. Il aborde aussi des sujets tels que la haine, la peur, la folie, la suffisance, le pédantisme, pour continuer sur l’amitié et la modération, selon lui, nécessaires et bien plus importantes que ce que l’on imagine, quand il s’agit de se garder des abus comme la volupté, l’oisiveté ou la solitude, et les malheurs que cela peut entrainer.

Son Livre I se conclut par des considérations sur les vieilles coutumes, les chevaliers et la noblesse ainsi que sur les grands hommes qui font partie de l’Histoire. Cela se termine par un chapitre sur l’âge et le temps qui passe.

Le Livre II traite les choses les plus profondes de l’homme, bien que l’ordre ne soit pas réfléchi à proprement parler. Montaigne se penche ainsi sur l’inconstance de l’homme dans ses actes et ses opinions, puis il analyse l’ivrognerie et l’abus de bonnes choses qui est vain. Les chapitres suivants sur la conscience, contre la fainéantise ou sur la grandeur romaine sonnent comme des réponses ou des échos des thèmes abordés dans le livre I. Les thèmes sont très variés, allant de l’utilité des pouces, ainsi que de la puissance des unités de mesure, à l’application des moyens mauvais pour une fin bonne et noble ; d’où l’expression « d’un mal pour un bien ». Il s’attaque à la couardise pour encenser la gloire, le courage et la vertu plus globalement. Cela permet de faire de cette œuvre (ou ces œuvres), des livres vivants, attachés profondément aux valeurs humanistes qui menaient le genre littéraire et culturel plus globalement à l’époque de Montaigne.

Il conclut le Livre II sur des considérations concernant les racines familiales des hommes et la ressemblance des enfants avec leurs parents, c’est-à-dire, la filiation de façon scientifique, mais aussi plus attachée à la personnalité et à la transmission de certains goûts, passions, penchants qui viennent naturellement ou aussi par l’éducation.

Les chapitres, de son troisième et dernier livre, sont moins nombreux, mais beaucoup plus longs que dans les deux précédents. Devenu maire de Bordeaux, Montaigne va s’interroger davantage sur le problème des responsabilités politiques.

Le Livre III, ultime livre des Essais s’ouvre sur un thème subjectif : l’utile et l’honnête. Montaigne développe ici une certaine idée de l’efficacité autant physiquement que mentalement faisant de l’homme un être abouti, permettant d’éviter les abus et tout ce qui est nuisible par sa nature. Il encense ainsi l’obéissance juste et l’intégrité à tous les niveaux, comme un écho encore une fois du livre II, montrant l’importance et la force des lois, mais aussi de la morale intrinsèque dépassant le cadre de l’État.

Montaigne continue ensuite sur l’importance du commerce et de la capacité de l’homme à s’adapter aux « trois commerces » : terme générique pour parler des échanges, des relations avec autrui. Cela commence par le fait de côtoyer des hommes estimables avec qui il aime échanger tant, dont leur esprit montre une certaine finesse et une intelligence vive. Deuxièmement, les femmes dont le physique et l’esprit tant que possible, lui sont agréables. Il finit sur sa relation avec les livres, la force et la beauté de la culture qui l’entoure. Montaigne montre ici son intérêt particulier et précis pour la lecture et l’écriture qui représentent deux des pendants principaux de son existence.

Mais Montaigne aborde aussi des sujets bien plus légers, du moins en apparence, sur le mal des transports, par exemple, ou alors l’opulence démesurée des gouvernances modernes, les hommes au pouvoir ( de son époque ) qui dépensent inutilement l’argent public dans des choses futiles comme d’énormes pourboires aux cochers oubliant ainsi que l’argent doit se mériter par la vertu, le travail et le courage. Il en arrive ainsi sur l’inégalité des individus à tous les niveaux, thème déjà abordé largement au livre précédent. Il reproche aussi les dépenses et les constructions somptuaires de certains pays qui n’impressionnent plus personne et déplore que la France en fasse de même sans retenir aucune leçon des civilisations antérieures qui ont fini par disparaître, peut-être à cause de l’opulence démesurée qu’elles laissaient voir.

Après des chapitres sur la volonté, faisant un parallélisme entre l’humain et une nation, il en termine par l’élément principal de la vie et de l’apprentissage : l’expérience. Il débute alors la discussion sur la dissemblance comme essence de toute création de la nature, critiquant tour à tour la justice, les lois et les commentaires. Il justifie alors pourquoi il a pris pour une grande part sa propre personne pour rédiger son œuvre. Il l’a suivie le long de sa vie et représente ainsi le plus fidèle témoignage de ce qu’il a pu vivre. L’auteur parle alors du temps qui passe, de la vieillesse qui s’installe, mais aussi de la maladie, notamment avec une critique sur la médecine. On a affaire à une discussion sur la vie à l’approche de la mort, étant donné qu’il écrivait ces Essais jusqu’à sa mort en 1592.

Il finit par une apologie de Socrate sur la volonté, accompagnant la fin de sa vie, de rendre l’existence plus profonde et réfléchie. Il conclut ainsi Les Essais par un hymne à la vie et à la maîtrise de soi. Qu’il faut accepter de vieillir comme on accepte de vivre pour aller vers une vieillesse faite de « sagesse gaie et sociable ».

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