Fables

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Résumé

Les Fables d’Ésopesont un recueil de deux cent quarante-trois fables. La tradition les attribue àun seul auteur, un esclave grec du nom d’Ésope. Selon l’historien Hérodote, cetesclave aurait vécu en Grèce au VIème siècle av. J.-C. et aurait acquis unegrande renommée en récitant les fables dont il était l’auteur. Il était,dit-on, difforme, laid, et aurait même souffert d’un défaut d’élocution. Enfait, on ignore tout de lui, et on ne sait même pas avec certitude si unesclave du nom d’Ésope a effectivement existé. Les Fables d’Ésope sont une compilation de très courtes historiettes etde scènes de la vie quotidienne qui illustrent la sagesse populaire de sontemps. La lecture de ces fables invite certes à la réflexion, mais elleprovoque d’abord le rire.

Les deux cent quarante-trois fables n’ont pas étérassemblées par thèmes, et ne visent pas non plus à peindre une fresquecohérente. L’ensemble des Fablesd’Ésope apparaît plutôt comme un tableau dont chaque œuvre serait un trait depinceau, et c’est le recul du lecteur qui donne alors une cohérence àl’ensemble. C’est un portrait de l’homme et de son monde qui apparaît ici, unmonde qui n’est pas réaliste puisque les animaux parlent entre eux, comme dans L’Âne et les Grenouilles, et agissentcomme s’ils étaient humains comme dans LeChevreau et le Loup qui joue de la flûte. Ces mêmes animaux conversent avecles hommes comme dans Le Cheval et lePalefrenier où un honnête animal tance son maître qui le nourrit mal.Certains personnages apparaissent bien réels comme Diogène ou légendaires commeProméthée ou Héraclès. Enfin, les dieux de l’Olympe interviennent directementdans le quotidien des mortels ou vivent des aventures entre eux. Dans tous lescas, la fable d’Ésope a pour origine une anecdote triviale du quotidien, etl’auteur en tire une morale élargie qui va bien au-delà de la situation dedépart.

Dans nombre de fables, hommes et animaux vivent ensemble.C’était le cas dans la Grèce antique, où hommes et bêtes se côtoyaient enpermanence dans une société agricole. À partir de situations de la viequotidienne, la sagesse se fait jour, par l’animal ou par l’homme. Ainsi, Le Cheval et le Soldat montre un soldatqui néglige de bien nourrir sa monture en temps de paix, et qui transforme soncompagnon de combat en bête de somme : « Dans les temps de sécuritéet de relâche, il ne faut pas oublier les temps de malheur » sous peine detrouver un âne en lieu et place d’un cheval. Ou encore, dans La Femme et la Poule, on apprend quenourrir grassement un volatile ne le fera pas pondre davantage, aucontraire : « Cette fable montre que, lorsqu’on cherche par cupiditéà avoir plus que l’on n’a, on perd même ce qu’on possède. »

Dans les Fablesd’Ésope, on rencontre aussi des animaux qui vivent entre eux des aventures quiressemblent trait pour trait à la vie des hommes. Et quand bien même leurcaractère animal domine, c’est à l’homme que s’applique la morale de la fable. Les Deux Chiens en est un exemple :un même maître possède un chien de chasse et un chien de garde ; l’un courtpar monts et par vaux pour gagner sa pitance, l’autre reste à la maison – lafaute incombe au maître, et non au chien de garde chanceux : « C’estainsi que les enfants paresseux ne sont pas à blâmer, quand leurs parents lesélèvent dans la paresse. »

Quant aux héros et aux dieux, ils apparaissent tels qu’ilsétaient dans le panthéon grec : très humains. Ils assistent à un banquetet se disputent comme dans la fable Héraclèset Plutus, ils donnent prise à la critique comme de vulgaires mortels dans Zeus, Prométhée, Athéna et Momos,mesurent leur habileté et leurs forces respectives comme des garçonnets dansune cour d’école dans Zeus et Apollon.Là encore, la morale qui découle de la fable s’adresse directement aux hommes.

Ces fables ont en commun plusieurs caractéristiques :elles sont courtes, composées parfois de trois phrases seulement comme La Guêpe et le Serpent. De plus, ellessont drôles, pleines d’ironie et de sarcasme. L’esprit y est toujours présent,ainsi que le bon sens. Cette forme littéraire très condensée et ce parti-prisd’un humour permanent donnent aux Fablesd’Ésope un caractère d’une part percutant et d’autre part universel, car rienn’est mieux partagé que le rire. C’est ce qui explique la postérité des cesfables, reprises au fil des siècles par des auteurs occidentaux. Leur succès nes’est jamais démenti, et nombre d’entre elles sont connues du publiccontemporain. En voici quelques exemples.

Le Cheval etl’Âne : les deux animaux cheminent de concert. L’âne implore le chevalde l’aider à porter sa charge. Le cheval refuse, l’âne succombe, et le chevalest alors contraint de porter sa propre charge, celle de l’âne, et la dépouillede ce dernier. « Cette fable montre que, si les grands font cause communeavec les petits, les uns et les autres assureront ainsi leur vie. »

Le Corbeau et leRenard : « Cette fable est une leçon pour les sots. » Uncorbeau tient dans son bec un morceau de viande. Pour l’en dessaisir, un renardpersuade l’oiseau de chanter, afin de lui faire ouvrir le bec. Le noir volatiletombe dans le piège et perd son repas. « Ô corbeau, si tu avais aussi dujugement, il ne te manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux. »

La Cigale et lesFourmis : des fourmis refusent de partager avec une cigale affamée lanourriture qu’elles ont amassée : « Ah l’été, tu étais musiciennerepartirent les fourmis en riant ; en hiver fais-toi danseuse. »

Héraclès etAthéna : sur son chemin, Héraclès aperçoit un objet qui semble êtreune pomme. Il veut l’écraser, mais plus il frappe l’objet, plus celui-cigrandit. C’est Athéna qui le persuade d’arrêter de frapper cet « objet dedispute et de querelle ». « Cette fable montre que les combats et lesquerelles sont cause de grands dommages. »

Le Laboureur et sesEnfants : au soir de sa vie, un laboureur invite à chercher ce qu’il acaché dans sa vigne. Les trois garçons pensent alors qu’il s’agit d’un trésoret retournent la terre. Point de trésor, mais la terre bien remuée permet à lavigne de donner une récolte splendide. « Cette fable montre que le travailest pour les hommes un trésor. »

Le Vieillard et laMort : « Cette fable montre que tous les hommes sont attachés àl’existence, même s’ils ont une vie misérable. » Un vieil homme, harassé,ployant sous le poids d’un lourd fagot de bois, appelle la mort pour qu’ellemette fin à ses tourments. Quand elle paraît, il change d’avis et lui demandeseulement de l’aider à porter sa charge.

La Tortue et leLièvre : en butte aux moqueries d’un lièvre qui se rit de sa lenteur,une tortue défie le rapide animal à la course. Le départ est donné, et lelièvre, trop sûr de lui, s’endort tandis que la tortue se hâte vers le but, etarrive première. Le lièvre est dépité. « Sa nonchalance l’exposa auxrailleries des autres animaux. Le Renard, en Juge équitable, donna le prix dela course à la Tortue. » 

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