Ferragus

par

La description de Paris

Paris est l’objet, pour l’auteur, d’une véritable analyse, et peut être finalement considérée comme la trame de fond sans laquelle tous les déboires de ses personnages ne pourraient survenir. En effet, la capitale est montrée comme le décor idéal, propice à l’agitation des cœurs, des esprits et des sens, qui va bousculer les protagonistes balzaciens.

Cette interprétation de Paris comme mère de tous les tourments de l’âme de ses habitants est clairement montrée au premier chapitre de Ferragus, « Madame Jules ». Ainsi, Balzac nous montre l’opposition entre un Paris luxuriant et luxueux, où abondent le plaisir, la volupté et le raffinement, et un Paris glauque et délabré, malsain, où le vice se tapit dans chaque ruelle. Ce contraste ferait de la capitale un lieu de rencontres, de mise en contact de tous les ferments de l’âme de l’être humain, mise en action par la foule de possibilités que la ville offre. Paris est à la fois « vieux et pauvre ; ici, tout neuf comme la monnaie d'un nouveau règne ; dans ce coin, élégant comme une femme à la mode ». Paris serait donc à la fois attractif et terriblement séduisant, répulsif et inquiétant, une véritable hydre aux multiples têtes, une pieuvre aux ramifications si étendues qu’il est impossible d’échapper à son influence.

Balzac compare en effet la capitale à un Monstre : « Monstre complet d'ailleurs ! Ses greniers, espèce de tête pleine de science et de génie, ses premiers étages, estomacs heureux ; ses boutiques, véritables pieds ; de là partent tous les trotteurs, tous les affairés. » Il personnifie Paris, rendant la ville à la fois géante et ruche,...

Inscrivez-vous pour continuer à lire La description de Paris >

Dissertation à propos de Ferragus