Julie ou la Nouvelle Héloïse

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Résumé

Nous sommes en Suisse dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Monsieur d'Étange est un noble qui vit avec sa femme et sa fille Julie à Clarens sur les bords du lac Léman. C'est un ancien mercenaire au verbe bref et autoritaire. Pour parfaire l'éducation de Julie, il engage un jeune précepteur du nom de Saint-Preux. Les deux jeunes gens vont se sentir attirés l'un par l'autre. Mais ce n'est pas une amourette qui va allumer une brève flamme aux cœurs de ces jeunes gens, mais au contraire un amour très pur et très profond qui va les marquer jusqu'à la fin de leur vie.

 

Cet amour est impossible dans les conditions du temps, car épouser Saint-Preux serait une mésalliance pour Julie et cela, M. d'Étange ne peut l'accepter. Les deux jeunes gens restent dans la retenue et ne se laissent pas aller à la passion, mais ils vont jusqu'à échanger un baiser derrière un buisson. Saint-Preux finit par quitter la maison et le service de M. d'Étange, sans s'éloigner pour autant. Se voir demeure possible pour les deux amoureux qui s'écrivent quotidiennement.

C'est à ce moment que Julie se trouve fiancée sans son consentement à M. de Wolmar, un ami de son père. Alors ils n'y tiennent plus : Julie et Saint-Preux deviennent amants. Très vite, Julie en éprouve des remords, bien injustifiés selon Claire, sa cousine et confidente. C’est la société et ses conventions qui poussent deux amoureux sincères à se cacher et à fauter.

Apparaît alors un ami de Saint-Preux, un Anglais, Milord Édouard Bornston, qui va plaider la cause de son ami auprès du père de Julie, en vain. M. d'Étange somme Saint-Preux de quitter Clarens.

 

Saint-Preux s'exécute et parcourt l'Europe. Il tâche d'oublier son désespoir en se plongeant dans  des activités diverses. Il découvre Paris et ses salons, l'opéra, va jusqu'à s'enivrer et trompe Julie avec une actrice aux mœurs légères. Milord Édouard propose aux deux amants de fuir, et de les héberger en Angleterre. Julie refuse, car elle ne veut pas déshonorer sa famille et son nom. Claire, pour sa part, reste avec sa cousine et participe à l'envoi des lettres que les jeunes amants s'écrivent souvent. Si souvent que les lettres s'accumulent, et qu'elles finissent par être découvertes par la mère de Julie. Heureusement, celle-ci est plus favorables aux amours de sa fille que ne l'est son rude époux. Hélas, peu de temps après, cette discrète alliée meurt.

 

Il est temps pour Julie d'épouser M. de Wolmar. Elle a pourtant promis à Saint-Preux de ne jamais épouser un autre homme que lui. Suite aux fortes sommations de M. d'Étange, le jeune homme rend sa parole à Julie. De chagrin, elle tombe malade et passe tout près de la mort.

Saint-Preux est revenu à Clarens. La seule alternative qui reste aux deux amants pour vivre leur amour, c'est l'adultère. Mais de cela il n'est pas question pour Julie, dont les principes religieux s'opposent à toute forme de tromperie, tant et si bien qu'elle veut apprendre à M. de Wolmar, qu'elle vient d'épouser, le secret de ses amours clandestines. Saint-Preux, moins optimiste que Julie quant à la réaction du mari, la conjure de n'en rien faire.

 

La vie s'écoule alors pour Julie, faite de modération et de douceur. La passion est absente de sa vie conjugale. C'est à la paix qu'elle aspire maintenant, comme une convalescente au sortir d'une longue maladie. Elle demande donc à Saint-Preux de cesser de lui écrire. Celui-ci  s'exécute et part à nouveau en voyage. Mais cette fois l'Europe n'est pas assez grande pour contenir son désespoir. Il va donc faire le tour du monde.

 

Les mois passent, puis les années. Il y a maintenant six ans que Saint-Preux a quitté les rives du lac Léman pour parcourir le monde. Julie est devenue mère. M. de Wolmar et elle élèvent calmement leurs enfants dans un esprit nouveau en rupture avec les usages de l'époque. Il s'agit de faire de ces petits des êtres indépendants capables de raisonner par eux-mêmes, sans avoir jamais recours à la violence ni à la coercition. Leur domaine est comme un paradis où tous, maîtres et serviteurs, vivent en harmonie. Julie a avoué ses amours passées à M. de Wolmar, qui ne lui en tient pas rigueur. Julie a tout pour être heureuse, sauf l'amour. Toute cette douceur, toute sa philosophie, toute sa religion n'ont pu lui faire oublier son beau précepteur. Elle croit avoir maîtrisé sa passion pour lui, mais il n'en est rien.

 

C'est alors que Saint-Preux revient. Lui aussi croit avoir éteint le feu de la passion qui consumait son cœur. Il est reçu au domaine, où on l'accueille fort bien. En effet, M. de Wolmar considère que Saint-Preux a aimé la jeune fille qui fut son élève autrefois, et non pas la femme qui est aujourd'hui son épouse exemplaire. Il est tellement convaincu de cela qu'il propose à Saint-Preux de devenir le précepteur de leurs enfants. Mais la passion couve sous les cendres : Julie et Saint-Preux doivent lutter pour ne pas tomber à nouveau dans les bras l'un de l'autre.

 

Claire revient elle aussi à Clarens. La vie idyllique reprend son cours, rythmée par les saisons et le cycle de la nature. Mais sous cette apparente harmonie la passion n'est pas loin et tous les raisonnements philosophiques de Saint-Preux et Julie n'y font rien : ils s'aiment comme au premier jour, plus encore peut-être. Julie essaie pourtant d'unir Claire et Saint-Preux, en vain. Ni l'un ni l'autre ne souhaitent ce mariage. Alors c'est dans la religion que Julie trouve refuge, agissant selon des principes parfois très proches du mysticisme. Les évènements se précipitent de façon tragique quand un des fils de Julie et de M. de Wolmar tombe à l'eau. Julie se précipite à son secours et se jette dans le lac Léman. Suite à cet accident, elle tombe malade et décède après quelques jours d'agonie apaisée par la prière. Son dernier acte est de rédiger une lettre à Saint-Preux, et c'est M. de Wolmar qui la lui fait parvenir. Dans cet ultime message, elle reconnaît qu'elle n'a jamais cessé d'aimer celui qui fut son amour de jeunesse, l'unique amour de sa vie, mais que jamais elle n'abandonnera sa famille pour satisfaire une passion qu'elle juge égoïste. Les deux amants ne seront donc jamais réunis.

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