Julie ou la Nouvelle Héloïse

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La dimension politique et sociale du roman

Rousseau invente, dans le microcosme de Clarens, une société à l’échelle réduite où se trouve appliqués les principes qu’il considère comme universels et bases d’une cité vertueuse et parfaite socialement et idéologiquement.

Clarens est en effet le château où M. de Wolmar emmène vivre Julie après leurs épousailles. La vie promise à celle-ci là-bas débute d’ores et déjà sur des fondements moraux : refusant en effet de tomber dans le mensonge, de corrompre son amour, et de mentir à son mari, Julie avoue à celui-ci ses sentiments pour son ancien précepteur. C’est ainsi qu’ébloui et mis en confiance par sa sincérité et l’espoir que la jeune fille place en lui, Wolmar accepte de créer autour de Julie ce qui ressemble à une société utopique. En effet, il convie Saint-Preux au château, et plutôt que de tenter d’effacer totalement l’amour entre les deux jeunes gens, il espère en régler la question de manière radicale, en nommant le roturier comme précepteur de ses enfants.

L’acceptation de Wolmar tend donc à tuer tout désir entre Julie et Saint-Preux, car tel que Rousseau semble nous le dire, la passion n’existe que lorsqu’il y a quelqu’un ou quelque chose pour s’y opposer : « L'avantage d'avoir une femme comme la mienne m'a fait tenter des moyens qui seraient impraticables avec une autre. Si je la laisse en toute confiance avec son ancien amant sous la seule garde de sa vertu, je serais insensé d'établir dans ma maison cet amant avant de m'assurer qu'il eût pour jamais cessé de l'être, et comment pouvoir m'en assurer, si j'avais une épouse sur laquelle je comptasse moins ? »

Tandis que l’amour...

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Dissertation à propos de Julie ou la Nouvelle Héloïse