L’affaire Courilof

par

Léon et sa cible

Léon a donc une mission : il est chargé par le Comité de tuer Courilof, surnommé Le cachalot. Il se rapproche du pouvoir politique et de sa cible, tout en masquant la haine qu'il éprouve à son égard. Enfin, il rencontre Courilof, et découvre que ce dernier est déjà bien malade. En effet Léon le découvre, allongé sur un lit, en se tordant de douleurs, pris de spasmes, ce qui tranche avec l'image que le Comité lui en avait donné. Au premier abord, Mr Courilof n’a rien de terrifiant, il paraît bien inoffensif, voire mourant, et inspire de la pitié à son conseiller qui se retrouve à son chevet.

Le ministre est en réalité depuis quelques mois déjà gravement atteint d'un cancer au foie. Évidemment, sous le régime du Tsar et avec une presse muselée par le pouvoir politique, et faisant sa propagande grâce à des médias officiels, cela ne se sait pas, aucune information n’a jamais filtré à ce sujet. Ce qui est frappant, c'est que même le médecin du ministre ne prononce pas le mot de cancer, de peur de passer pour un dissident car cela pourrait créer une image d'homme faible, faillible, et pourrait nuire au pouvoir politique en place. Mais Léon qui a fait des études de médecine s'en rend bien compte : Courilof est mourant, ses jours sont comptés et personne n'ose le dire. D'ailleurs il est surpris par le fait que le médecin ne lui prescrive que des soins généraux, et ne prenne aucun risque quant aux traitements.

Léon découvre donc les arcanes du pouvoir et l'envers du décor. Il apprend à connaître son ministre, ses habitudes, et son travail, sous la couverture de Mr Legrand. Il travaille tous les jours avec le ministre, et passe forcément beaucoup de temps en sa compagnie. C’est ainsi qu’il assistera à des entrevues entre Courilof et d'autres hauts fonctionnaires du parti politique en place. Il entrera ainsi dans la vie personnelle et privée du ministre, comme par exemple en rencontrant sa femme : « Un jour, je vis sortir de la maison cette femme et la fille du ministre ; je reconnus les deux femmes qui encadraient Courilof à la cathédrale ; la fille, petite, d’aspect extrêmement jeune, presque enfantin, brune, pâle, fragile, fort jolie, de larges yeux bleus ; la femme… Celle-là était une extraordinaire créature : elle ressemblait à un vieil oiseau de paradis, fané, perdant ses plumes brillantes, mais étincelant encore d’un éclat de bijou faux, de joyau de théâtre. Elle était fardée à l’excès ; le soleil de midi faisait ressortir cruellement les taches roses de ses joues, les petites rides fines et profondes de sa peau ; le visage avait dû s’empâter avec les années, mais on reconnaissait encore, à la pureté de certains traits, qu’elle avait dû être belle. » Tout cela rend Courilof de plus en plus humain. Il découvre que cette seconde femme, considérée comme moins légitime que la précédente a entraîné la mise à l'écart relative de Courilof vis à vis de la Cour du Tsar, le mettant en dehors quelque peu du '' centre du mal ''.

Au cours de sa mission, Léon va également faire la rencontre du Tsar Nicolas II. Il est surpris de ce personnage qui est bien éloigné de l'image qu’il s'en faisait grâce aux médias officiels. Le tsar est en réalité un homme faible, peu charismatique, et assez bête. Ce n'est pas lui qui dirige son pays, mais sa femme qui l'influence avec autorité. Legrand découvre que Courilof méprise le Tsar, pour toutes ses faiblesses, et qu'il le sert par fidélité au pouvoir : en effet, il défend une certaine liberté, une culture occidentale progressive, ce qui le rend de plus sympathique aux yeux de Léon, bien qu'il reste un homme responsable de centaines de morts parmi ses concitoyens.

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