L'aiguille creuse

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Résumé

C’est par une nuit du début du XXe siècle que débute l’action. Raymonde de Saint-Véran et sa cousine Suzanne de Gesvres sont tirées de leur sommeil par d’étranges bruits venus du salon du château d’Ambrumésy, situé près de Rouen. Puis un cri affreux se fait entendre, et les jeunes filles se précipitent vers sa provenance. À la porte du salon se dresse un grand individu qui les aveugle de sa lanterne, les salue et disparaît. La pièce est parfaitement en ordre, rien ne manque semble-t-il. Mais un terrible spectacle les attend : dans le boudoir attenant, le comte de Gesvres, père de Suzanne, gît au sol, sans connaissance. À côté de lui se trouve son fidèle secrétaire, Daval, agonisant. Sans perdre son sang-froid, Raymonde s’empare d’un fusil, court à la fenêtre, avise la silhouette de l’homme qui fuit et fait feu. L’individu tombe, blessé. Raymonde court à sa recherche mais reviendra bredouille.

Dès le lendemain, l’enquête est confiée au juge d’instruction Filleul, qui se présente flanqué de deux journalistes. Mais quelle n’est pas la surprise du magistrat quand il découvre que l’un d’entre eux n’est en rien ce qu’il prétend être : il s’agit d’Isidore Beautrelet, lycéen de dix-sept ans qui profite des vacances de printemps pour s’offrir le plaisir d’assister à une véritable enquête policière. Le jeune homme est, en effet, un maître ès déduction, et il a tôt fait d’annoncer au juge qu’il est en mesure de démêler l’écheveau de cette affaire. Toujours est-il que le blessé est introuvable : se serait-il échappé, profitant d’un incendie volontaire probablement allumé par des complices ? Cette hypothèse se renforce quand on apprend qu’un brillant chirurgien a été enlevé à Paris, puis ramené le lendemain au seuil de sa clinique. Entretemps, on l’a conduit auprès d’un mystérieux blessé… C’est pour Isidore le moment de révéler le fruit de ses déductions : quelques mois auparavant, le comte a autorisé un peintre à reproduire quatre toiles signées Rubens qui ornent son salon. Les tableaux qui y sont maintenant exposés sont des faux, et les voleurs se sont emparés des originaux. Mieux : c’est Daval qui a indiqué l’affaire aux malfaiteurs. Ils ont surpris le comte de Gesvres, Daval l’a attaqué, le comte s’est défendu et l’a tué. En soupirant, le comte confirme au juge que c’est l’exacte vérité. Isidore ajoute que le coupable n’est autre que le fameux Arsène Lupin. Il n’a pas pris la fuite, il est demeuré tout ce temps caché dans les ruines de l’abbaye qui ornent le parc du château. Quand la nouvelle se répand, le lycéen devient la coqueluche des journaux. Il annonce aux journalistes qu’il reprendra l’affaire, mais aux prochaines vacances, début juin. Mais coup de théâtre : Raymonde de Saint-Véran est enlevée, son écharpe est retrouvée ensanglantée, ainsi qu’un mystérieux parchemin couvert de chiffres et d’étranges symboles.

Cet enlèvement est certainement l’œuvre des hommes de Lupin qui entendent venger leur patron : serait-il donc mort ? Isidore poursuit ses recherches et fait une stupéfiante découverte : les bandits sont parvenus à dérober, pierre à pierre, la merveilleuse Chapelle-Dieu qui trône dans le parc du château. Tous les ornements, tout ce qui est précieux a été remplacé par des reproductions de stuc. En outre, on trouve une crypte sous la chapelle ; là, la tête écrasée par une pierre éboulée, un cadavre vieux de huit jours. Ce ne peut être que Lupin. Isidore s’emploie à déchiffrer le parchemin et y reconnaît les mots aiguille creuse. C’est alors que le lycéen est sur le point de révéler tout ce qu’il sait désormais de l’affaire qu’il est attaqué par le greffier du juge, en fait un complice de Lupin, qui lui vole le parchemin et le poignarde. Ces tristes événements se complètent par la découverte, sur les rochers du bord de mer, du cadavre de Raymonde, reconnaissable seulement à sa gourmette. Enfin, on apprend l’enlèvement à Londres et à Paris des fameux détectives Herlock Sholmès et Ganimard, ennemis jurés de Lupin.

La presse est saisie de fièvre pendant la convalescence d’Isidore. La veille du jour où doit paraître le récit de ses conclusions, le lycéen est invité par celui qu’il a démasqué : Lupin en personne. Même si ce dernier a pour Isidore un respect teinté d’agacement, il le menace : son article ne doit pas paraître, autrement son père sera enlevé. Cependant, Isidore ne cède pas et le lendemain paraît l’article qui révèle ceci : Raymonde avait en réalité trouvé l’homme qu’elle avait blessé, Lupin. Apitoyée, elle l’a caché dans la crypte, l’a fait soigner, et nourri pendant de nombreux jours. Après quoi le malfaiteur, troublé par la jeune fille, l’a fait enlever. Les cadavres trouvés dans la crypte et sur le bord de mer étaient destinés à faire croire à la mort de Raymonde et Lupin. Furieux, Lupin met sa menace à exécution et fait enlever M. Beautrelet. Qu’on imagine le remords éprouvé par Isidore ! Sans plus attendre, il part à la recherche de son père, raisonne, interroge. Une lettre expédiée secrètement par M. Beautrelet lui parvient. Grâce à elle et à sa science de la déduction, il finit par découvrir le lieu de détention de son père : le château de l’Aiguille, dans la Creuse. « Aiguille creuse », comme dans le parchemin ! Nul doute : il touche au but ! Contacté par Isidore, le propriétaire du château, un certain Louis Valméras, homme jeune et énergique, accepte volontiers d’aider le lycéen à s’introduire dans le château qu’il a loué à un Italien, probablement Lupin déguisé. Après une expédition nocturne mouvementée, on délivre non seulement M. Beautrelet mais aussi Raymonde de Saint-Véran que Lupin poursuivait de ses assiduités. Lupin, amoureux éconduit, est ridiculisé, Isidore porté aux nues. En outre, on retrouve Sholmès et Ganimard. La déconfiture de Lupin semble complète. Touchant détail : Louis Valméras et Raymonde tombent amoureux, et se marient sous le soleil niçois.

Le moment de gloire d’Isidore est bref, car un universitaire nommé Massiban met en pièces le beau raisonnement du lycéen en apportant de nouveaux éléments : les rois de France se transmettaient un secret, venu du fond des âges : celui de l’aiguille. Ils en étaient les seuls détenteurs, et éliminaient quiconque s’en approchait. Quel était ce secret ? La chose est vague, mais il était question d’un fabuleux trésor. Le château de l’Aiguille, dans la Creuse, n’est qu’un décor bâti par Louis XIV afin de brouiller les pistes dans l’esprit d’éventuels curieux. La réponse se trouve non seulement dans le parchemin qu’Isidore a eu entre les mains mais aussi dans le dernier exemplaire d’un opuscule, conservé au château de Vélines, près de Rennes. Massiban et Isidore décident de s’y rendre ensemble. Le vieil universitaire sympathise avec le jeune lycéen, et les recherches sont à la fois fiévreuses et cordiales quand, coup de théâtre, Isidore comprend que le Massiban qui l’accompagne n’est pas le vrai, mais Lupin déguisé. Après un court affrontement, Lupin tente une fois encore de convaincre Isidore d’abandonner la lutte : il est trop fort pour le jeune homme, dit-il. Évidemment, Isidore n’a cure de ce discours. Ses pérégrinations le mènent près d’Honfleur, où il croise la route d’Herlock Sholmès, preuve qu’il est sur la bonne piste. S’élève enfin devant ses yeux, à Étretat, l’immense et majestueuse aiguille de pierre qui, il en est sûr, recèle le secret des rois de France. D’ailleurs, suintant d’une crevasse, de la fumée s’échappe… L’aiguille creuse, la voilà !

Alors Isidore réfléchit au moyen de pénétrer dans la formation de pierre. Après une nouvelle analyse du parchemin et un véritable jeu de piste sur la falaise, il trouve l’entrée d’un souterrain. Cette fois, il sollicite de l’aide. Ainsi le détective Ganimard transforme les abords de l’aiguille, sur mer comme sur terre, en une véritable souricière. Lupin ne pourra pas s’échapper. La nuit venue, les deux hommes et quelques policiers s’introduisent dans le souterrain, passent portes et couloirs, et parviennent dans le creux de l’aiguille, où sont aménagées de grandes pièces pleines à craquer de riches meubles, tissus et tableaux des plus grands maîtres. Dans l’une elles est dressée une table : il semble que Lupin attende Isidore pour dîner. Une nouvelle surprise attend Isidore : une porte s’ouvre et Louis Valméras apparaît. En fait, Lupin, pour épouser Raymonde en toute quiétude, avait adopté cette nouvelle identité. Il fait visiter l’aiguille au jeune homme ébahi : les pièces sont pleines des divers butins du cambrioleur. Quant au trésor royal qu’abritait l’aiguille, il n’en reste que les bijoux, un coffre plein des dots des reines de l’Histoire de France. Lupin abandonne tout cela pour l’amour de Raymonde : il veut maintenant mener une vie honnête. Aussi fait-il don du secret de l’aiguille et de ce qu’elle renferme à la France. Mais Ganimard n’est pas resté inactif et les portes sont enfoncées. Lupin s’échappe, entraînant Isidore à sa suite. Ils rejoignent Raymonde et le trio fuit grâce à un canot automobile sous-marin. Parvenu à la côte, Lupin est aux portes d’une nouvelle vie, quand Sholmès paraît. Il y a lutte, des coups de feu sont échangés, et Raymonde s’effondre, mortellement atteinte. La mort de Sholmès, que Lupin étrangle, ne le consolera pas. Le cambrioleur disparaît dans la nuit, secoué de sanglots, emportant avec lui le corps de la femme aimée.

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