L’ami retrouvé

par

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Fred Uhlman

Fred
Uhlman est un écrivain et peintre anglais d’origine allemande, né en 1901 à
Stuttgart (Allemagne) et mort à Londres (Angleterre) en 1985. Il est
principalement connu pour son œuvre en partie autobiographique L’Ami retrouvé, qui entrelace les thèmes
de l’amitié et de la mémoire.

Le jeune
Fred est issu d’une famille juive de la classe moyenne. Il étudie dans les
universités de Fribourg-en-Brisgau, Munich et Tübingen, jusqu’à obtenir son
doctorat en droit canon.

Dans
l’atmosphère de montée du nazisme des années 1930 en Allemagne, le jeune
trentenaire quitte son pays natal pour Paris, où il survit difficilement, se
faisant dessinateur, peintre, et même vendeur de poissons tropicaux. Il expose
pour la première fois dans la capitale française en 1935 à la galerie Le
Niveau.

Après
avoir séjourné en Espagne, où il est chassé par la guerre civile, il part
finalement pour l’Angleterre en 1936. Il s’installe avec sa femme Diana,
rencontrée en Espagne, dans le quartier londonien d’Hampstead, qui devient un
lieu de rencontre pour les exilés. Là, Uhlman fonde la « Free German
League of Culture » dont deviennent membres l’écrivain et peintre expressionniste
autrichien Oskar Kokoschka et l’homme de lettres de la même nationalité Stefan
Zweig. Uhlman abandonne cependant la ligue lorsque celle-ci prend un virage
communiste.

Lorsque
la Seconde Guerre mondiale éclate, le gouvernement anglais fait emprisonner
Fred Uhlman et certains de ses compatriotes au camp Hutchinson sur l’île de Man ;
tous sont soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi. Celui qui n’est alors qu’un
peintre est relâché au bout de six mois ; il a cependant pu continuer d’exercer
son art pendant son internement.

En
Angleterre, Fred Uhlman continue d’exposer ses œuvres dès 1938 puis il le fera
à travers la Grande-Bretagne. Sa carrière proprement littéraire démarre en 1960
avec The Making of an Englishman (Il fait beau à Paris aujourd’hui), œuvre
parue en France en 1985. Le titre français est une référence à la phrase codée
livrée à Fred Uhlman avant qu’il ne se décide à quitter son pays pour toujours.
L’œuvre retrace cette blessure originelle et le parcours de l’écrivain en
France, puis brièvement en Espagne avant de rejoindre l’Angleterre. L’œuvre est
particulièrement remarquée par l’écrivain d’origine hongroise Arthur Koestler.
L’auteur, montrant de la distance sur son sort, écrit : « Je suis à
peu près certain d’être le seul docteur en droit canon qui soit devenu peintre
professionnel ».

Reunion (L’Ami retrouvé), autobiographie romancée
publiée en 1971, entre la nouvelle et le roman, ne lui fait pas tout de suite
connaître le succès. Ce n’est qu’en 1977, à l’occasion de sa republication, que
l’accueil critique est excellent, avec le soutien à nouveau d’Arthur Koestler,
qui parle alors d’un chef-d’œuvre et rédige l’introduction de cette nouvelle
édition, plus accrocheuse. Il s’agit de l’histoire d’une amitié intense,
innocente, entre Hans Schwartz, le narrateur, alter ego de l’auteur, fils d’un
médecin juif, et Conrad von Hohenfels, qui appartient à l’aristocratie et dont
les parents sont antisémites. Éprouvée par la guerre, leur amitié va renaître
de façon tragique alors que Hans est devenu avocat aux États-Unis et qu’il
découvre le nom de son ancien ami sur une liste – découverte qui lui révèle que
Conrad, en tant qu’officier de la Wehrmacht, a participé à la tentative d’assassinat
de Adolf Hitler en juillet 1944. L’œuvre, traduite en de nombreuses langues,
deviendra un succès mondial.

En 1989,
sort sur les écrans un film librement adapté de l’œuvre de Fred Uhlman, qui
relance l’intérêt pour l’œuvre écrite. Il s’agit d’une coproduction entre la
France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, réalisée par Jerry Schatzberg, sur un
scénario du prix Nobel de littérature 2005, l’écrivain britannique Harold
Pinter, l’œuvre rejoignant ses propres obsessions : la mémoire et les
télescopages qu’elle permet, et la lutte pour les droits de l’homme, la
liberté, contre les violences des appareils d’État.

Fred
Uhlman est aussi un important collectionneur d’art africain, qui en a précédé
la vogue, et dont les œuvres accumulées ont été données avant sa mort au musée
de Newcastle.

Après la
mort de Fred Uhlman seulement, conformément à la demande de l’auteur, est
publiée une suite à L’Ami retrouvé,
intitulée La Lettre de Conrad. Il
s’agit d’un courrier d’une centaine de pages adressé par Conrad von Hohenfels à
son ami d’enfance, rédigé quelques jours avant son exécution en 1944. Le jeune
aristocrate tente d’y justifier ses choix, ses erreurs, pour obtenir le pardon
de son ami. Il s’entretient longuement sur leur amitié passée, évoque ses
parents. Il s’agit d’un voyage dans la conscience d’un homme, d’une fine
analyse psychologique propre à mieux faire comprendre au lecteur le choix de
ceux qui comme Conrad ont choisi le compromis à l’occasion des événements les
plus graves de l’Histoire.

Il existe
un troisième volet à cette histoire, intitulé Pas de résurrection s’il vous plaît, publié à la suite de La Lettre à Conrad dans l’édition
française. Il avait été conçu par Fred Uhlman comme une véritable suite de L’Ami retrouvé mais les personnages en
diffèrent. Le récit évoque ici le retour d’un Juif allemand exilé aux
États-Unis dans sa ville natale, de ses retrouvailles avec ses anciens
camarades d’école et la jeune fille qu’il avait aimée. À nouveau il s’agit pour
l’auteur de faire preuve de nuance dans la peinture qu’il fait des agissements
de chacun lors d’une période noire de l’histoire, tout en traitant des thèmes
de la nostalgie, du souvenir, des blessures qui peuvent rester vives et
orienter toute une vie après un événement traumatique.

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