L’ami retrouvé

par

Un récit autobiographique?

Ducôté des ressemblances entre le narrateur et l’auteur, il y a l’origine allemande,la naissance à Stuttgart, l’exil à l’étranger pour échapper au nazisme. Du côtédes dissemblances, l’auteur est plus âgé lorsque la guerre éclate (il est né en1901) mais il ne s’enfuit pas aux États-Unis pour mener ses études àl’université (même si tous deux étudient le droit), car Fred Uhlman est déjàavocat lorsqu’il quitte l’Allemagne pour la France et Paris.

Lerécit s’ouvre sur une date, un mois et une année, des indices temporels forts donc: « Il entra dans ma vie en février1932 ». Cetancrage dans la réalité est renforcé ensuite par la précision des détailsdonnés : une référence à un évènement personnel qui fait date dans la viedu narrateur – « C’était deux joursaprès mon seizième anniversaire » – qui nous renseigne sur jusqu’àl’heure et l’atmosphère de la rencontre : « à trois heures de l’après-midi, par une grise et sombre journéed’hiver allemand. » La localisation de l’histoire à Stuttgart rejointaussi une réalité tangible pour le lecteur.

Du côté du fort ancrage historique, c’estsur tout le contexte historique de la Seconde Guerre mondiale, et notamment la montée du nazisme, quele récit s’appuie. Mais au-delà de ce contexte, les références à l’Histoiresont nombreuses, et ce dès le début du récit : « 1521, l’année où Lutherparut devant Charles Quint, empereur du Saint Empire et roi d’Espagne » ; « Je me souviens de chaque détail : […] les traces jaunâtres surles murs gris là où, avant la révolution, étaient accrochés lesportraits du Kaiser Guillaume et du roi du Wurtemberg. En fermant les yeux, je vois encore les dos demes camarades de classe, dont un grand nombre périrent plus tard dans lessteppes russes ou dans les sables d’Alamein. »

Parmi les évènements historiquesinventés figure cependant tout le mythe de la famille Hohenfels : « Hildebrandt von Hohenfels était morten 1190 en essayant de sauver Frédéric Ier de Hohenstaufen, le grandBarberousse, de la noyade dans le Cydnus en Asie Mineure… » ;lequel mythe rencontre cependant devrais faits historiques : « Unautre Frédéric von Hohenfels fut tué à Verdun. »

Noussommes donc en présence d’un récit autobiographique romancé, d’un mélange entreévènements historiques réels et fictifs.

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