L’Ensorcelée

par

La puissance de la vengeance

La vengeance est l’un des thèmes importants du roman. Il y est d’abord question de la vengeance du pâtre du vieux presbytère. Celui-ci est présenté dans le roman comme un indolent perpétuel dont on ignore la provenance. Selon les superstitions du coin, ce genre de pâtre détient un pouvoir qui lui permettrait de se venger des hommes qui lui refusent du travail.  C’est un tel homme qui, après avoir été chassé du domicile de Maître Le Hardouey  – époux de Jeanne -,  prendra la résolution de se venger du couple. Une vengeance qu’il se promet d’assouvir et que les tentatives pour l’apaiser ne font qu’aggraver. : « Gardez votre pain et votre lard pour vos chiens ! – reprit-il. – Ce n’est pas avec de la viande ou du pain qu’on apaise la colère d’un homme. Non, non ! l’homme qui dépendrait de son ventre au point de manger l’oubli des injures avec le pain qu’on lui jetterait n’aurait qu’un gésier à la place de cœur. J’ compterons plus tard, maîtresse Le Hardouey ! ».

            Il n’est pas possible de déterminer, si l’obsession maladive dont Jeanne est prise est l’œuvre d’un sortilège de ce pâtre. Mais il ne fait aucun doute qu’il prend dans le malheur de la femme tourmentée un plaisir immense. A tel point que lorsqu’elle vient le supplier de la délivrer de son sortilège ou de lui donner un moyen de se faire aimer du prêtre : « Je l’ai prié, ce mendiant, ce vagabond, ce pâtre, comme on ne doit prier que Dieu, d’avoir pitié de moi et de m’ôter le sort qu’il m’avait jeté », le pâtre trouve une occasion de plus de se moquer d’elle et d’ajouter à sa souffrance 

            Dans le roman, il est également question de la vengeance de Maître Le Hardouey qui, pendant que son épouse se laisse dominer par son obsession du prêtre, perd progressivement de sa bonne humeur en raison du mal qui afflige son épouse et dont aucun médecin ne semble connaître la cause. Lui, fera l’objet de la vengeance du pâtre qu’il avait violemment chassé. Ce dernier donnera par son pouvoir confirmation aux yeux de Thomas Le Hardouey des rumeurs qui circulent sur son épouse et le prêtre pénitent. L’époux de Jeanne perd alors la paix du cœur et se promet d’assouvir par tous les moyens sa vengeance sur ceux dont il est certains qu’ils l’ont trompé. Rien dans le récit ne permet de confirmer s’il a, ou non réussi à obtenir vengeance, mais de nombreux indices abondent dans ce sens.

            Enfin, il est question d’une vengeance bien plus vaste que la population des bourgs environnants assouvit contre Clotilde Mauduit, mieux connue sous le surnom de La Clotte. Une vengeance exercée sur une femme, devenue invalide,  mais qui, plus jeune, avait été la maîtresse de nobles et de seigneurs et ne s’était jamais repentie même dans ses plus vieux jours de l’orgueil dont elle faisait preuve durant sa scandaleuse jeunesse. La foule s’en prend à elle comme étant la responsable des malheurs qui s’abattent sur la région. Mais, même alors, elle continue de voir avec dédain ceux qui l’ont condamnée, isolée et humiliée en raison de l’existence qu’elle avait choisi de mener.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La puissance de la vengeance >