L’Ensorcelée

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Le contexte historique de la guerre des Chouans

La Chouannerie ou la guerre des Chouans est une guerre civile qui opposa en certaines parties de la France des partisans de la jeune République Française et des partisans de la monarchie renversée. De 1792 à 1800, tout l’Ouest de la France a été le théâtre de ces affrontements entre républicains et royalistes. Le nom de Chouans a d’abord été donné aux royalistes qui combattaient sous les ordres d’un de leurs chefs de guerre : Jean Chouan, cela avant d’être étendu à l’ensemble des troupes royalistes.

Certains citoyens ont donc pris le parti de l’armée royaliste et catholique d’alors, ce parti étant opposé à la République. Ils avaient chacun différentes raisons pour le rejoindre : certains protestaient contre le traitement fait au clergé tandis que d’autres recherchaient juste le retour de la monarchie. C’est au lendemain de cette guerre civile – soldée par la déroute des Chouans –  que les événements de L’Ensorcelée de Barbey d’Aurevilly prennent place.

L’abbé de la Croix-Jugan, lui-même chouan, malgré sa qualité d’homme d’église, tente de se donner la mort lorsque la cause pour laquelle il a combattu est vaincue. Mais à son retour dans la région, il tentera discrètement de raviver les cendres de la guerre civile. C’est à cet usage qu’il emploiera la dévouée Jeanne-Madeleine Le Hardouey. Elle lui servira de messager puisque la surveillance à laquelle il est soumis par les membres du clergé – et ceux qui le soupçonnent de n’avoir pas reconnu la défaite des chouans -, l’empêche d’aller en personne se livrer à ses tâches.

Tandis que la qualité de d’ancien chouan devient un élément de rapprochement supplémentaire entre l’abbé et Jeanne-Madeleine, qui, par sa naissance est de sang noble, c’est, au contraire,  un élément d’antipathie entre l’époux de cette dernière et l’abbé. Maître Thomas Le Hardouey, se battait, lui, du côté des royalistes. Et au lendemain du conflit, son affiliation à la cause royaliste lui a permis de s’enrichir en s’appropriant des biens d’église.

Dans L’Ensorcelée de Barbey d’Aurevilly, le contexte historique de la guerre des Chouans est une toile de fond qui donne plus de profondeur aux personnages. Elle permet aussi de comprendre la dynamique des rapports existants entre ceux qui s’étaient rangés de part et d’autre pendant le conflit. Par ailleurs, à l’image de toute guerre, la fin des hostilités n’a pas entraîné la fin des tensions qui l’ont fait naître. Ainsi, l’idée du mal se rattache chez Thomas Le Hardouey au statut de chouan : « … il ouvrit un œil hébété, dans lequel revenaient les flots d’une noire colère, sur cette maison où il croyait sa femme infidèle et le Chouan maudit. Chose singulière ! depuis qu’il se croyait trahi par Jeanne, l’idée du Chouan étouffait en lui l’idée du prêtre, et c’était le Bleu, plus encore que le mari, qui aspirait à la vengeance. ». Les idées politiques de chacun restent bien présentes et participent à la trame du roman.

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