La cicatrice

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Résumé

La Cicatrice est un roman destiné à la jeunesse écrit par le romancier américain Bruce Lowery (1931-1998). Paru en 1960, il a été directement écrit en français.

L’histoire se déroule aux États-Unis, à la fin de l’année 1944 et au début de 1945. Le narrateur, Jeff, adolescent de treize ans, emménage avec sa famille dans une nouvelle maison. Jeff vit avec son père, qui est météorologue, sa mère, et son petit frère Bubby. Les deux garçons passent des heures ensemble à jouer et Bubby ne sait que faire pour attirer l’attention de ce grand frère qu’il idolâtre. Jeff apprécie d’autant plus la compagnie de Bubby qu’il n’a pas d’ami, à part le vieux monsieur Sandt, un immigré d’origine allemande avec qui il partage une passion : collectionner. Monsieur Sandt collectionne les pièces anciennes, et Jeff collectionne les timbres. Pourquoi Jeff est-il un garçon aussi solitaire, pourquoi n’a-t-il pas d’amis ? La réponse est simple : à cause de sa cicatrice.

Cette cicatrice, on n’en parle pas dans la famille. D’après les parents, elle est la conséquence d’un accident, sans plus de précision. Jeff ignore la vérité qu’on lui cache soigneusement : sa cicatrice provient d’une malformation, un bec-de-lièvre opéré dans sa petite enfance. Il porte cette cicatrice comme un stigmate, et prie Dieu chaque jour pour qu’au matin elle disparaisse. Dieu ne peut-il pas tout ? N’a-t-il pas accompli de plus grands miracles encore ? Hélas, les prières du jeune garçon restent sans réponse.

C’est avec appréhension que Jeff arrive dans sa nouvelle école : comment les autres vont-ils l’accueillir ? Il s’attend à de rudes paroles, mais la cruauté de ses condisciples est inouïe. Sa cicatrice le désigne immédiatement comme objet de moquerie ; on rit de lui, on se moque sans retenue. Jamais il n’est invité à partager un jeu, jamais la moindre de ses réponses en classe ne lui vaut d’admiration ou d’estime. Il a même été affublé d’un surnom : Grosse-Lèvre. Et chaque phrase qu’on lui adresse est une méchanceté. La professeure voit bien que quelque chose ne va pas, mais ses interventions maladroites ne font que renforcer l’hostilité du groupe à l’égard de Jeff. Alors le garçon vit chaque journée comme un long calvaire et, pendant les récréations, se contente de regarder les autres jouer au base-ball. Jusqu’à ce jour béni où un garçon très populaire de sa classe, qui ne s’est jamais moqué de lui, propose à Jeff de prendre part à un jeu, et se laisse même battre par lui. Éperdu de reconnaissance, Jeff sent alors naître, pour la première fois, la flamme d’une amitié réciproque. Ce jeune garçon, c’est Willy. Son influence sur le groupe adoucit quelque peu le pénible quotidien du pauvre Jeff. Willy lui apprend qu’il collectionne les timbres lui aussi. Il l’invite chez lui, montre à son nouvel ami sa collection, lui fait admirer ses timbres les plus beaux. Jeff est si heureux qu’il va jusqu’à acheter un assortiment de timbres et les offrir à Willy pour Noël, comme s’il faisait partie de sa famille.

Les jours passent, et la cruauté des condisciples de Jeff est certes quelque peu endormie mais toujours présente. L’amitié de Willy lui est d’autant plus précieuse. Quel mouche le pique donc quand, au cours d’une visite chez son ami, il profite d’un moment d’absence de Willy pour voler ses plus beaux timbres ? Cédant à une impulsion qu’il ne s’explique pas lui-même, il les fourre dans ses poches et sous ses vêtements. Quand Willy constate la disparition des précieux timbres, Jeff nie tout, et rentre chez lui. Alors, sa vie va devenir un véritable enfer. Un camarade, Ronald, a été témoin de l’affaire, et la raconte à toute la classe. Grosse-Lèvre est non seulement laid, mais il est encore un voleur. Jeff n’a plus un instant de paix, il est harcelé par toutes et tous. Si au moins son larcin lui apportait une satisfaction, mais il n’en est rien. Il ment à ses parents, il ment à ses camarades, il s’enfonce dans le mensonge et le remords. Il n’a aucun plaisir à regarder les timbres, dont il a perdu les plus beaux. Il prie Dieu de les faire disparaître de sa chambre et de les remettre miraculeusement à leur place chez Willy. Hélas, au matin, les timbres – comme la cicatrice – sont toujours là. Cette vie change son caractère : il devient irascible et impatient. Si la crainte que ses parents lui inspirent l’empêchent d’aller trop loin avec eux, c’est avec Bubby qu’il laisse libre cours à son agacement permanent, et il rejette systématiquement les tentatives d’approche du garçonnet qui ne comprend pas ce qui arrive à son grand frère. Étrangement, un seul camarade ne prend pas part à la curée : c’est Willy. Le gentil garçon a une nature trop noble pour crier avec les loups.

Un jour, un drame s’abat sur la famille de Willy : le grand frère, pilote qui se bat dans le Pacifique, est tué. Jeff ose à peine prendre part aux manifestations de sympathie que tous témoignent au gentil camarade, qui vend sa collection de timbres pour aider sa mère à payer une plaque funéraire qui prendra place sur la tombe du jeune aviateur.

C’est monsieur Sandt, à qui Jeff s’est confié à demi-mot, qui lui suggère une solution pour retrouver la paix : pourquoi ne pas rendre les timbres sans se faire voir ? Jeff se décide, et profite d’une récréation pour s’emparer d’un buvard, le plier en deux, y glisser les timbres et les poser sur le bureau de Willy. Quand ce dernier rentre en classe, il prend le buvard, voit les timbres, regarde à nouveau le buvard… et sa colère s’abat sur Ronald. En effet, sans le vouloir, Jeff a utilisé un buvard appartenant au garçon qui l’a dénoncé comme voleur, et Willy reproche à celui-ci d’avoir accusé Jeff à tort. Jeff ressent une certaine joie à voir les rôles inversés, mais préfère ne pas accabler Ronald. Avoir retrouvé l’amitié de Willy suffit à son bonheur.

La fête de Pâques arrive, Bubby a joyeusement préparé des œufs qu’il a cachés partout. La joie règne dans la maison, jusqu’à ce que Jeff croise Ronald lors de l’office religieux. Celui-ci déclare méchamment à Jeff qu’il est non seulement un voleur, mais aussi un dégénéré : n’a-t-il pas un bec-de-lièvre ? Jeff est bouleversé, il est hors de lui quand il rentre à la maison. Il rudoie très vivement le petit Bubby qui se jetait pourtant à son cou dans un élan d’affection. Le garçonnet s’enfuit, mais il tombe dans l’escalier. Il ne survit pas à sa chute. Est-ce un accident, ou s’est-il précipité au bas des marches ? Le petit garçon plein d’amour aura emporté avec lui son secret.

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