La Civilisation, ma mère !...

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Résumé

Le roman est divisé en deux parties : la première a pour narrateur le fils cadet, la seconde est racontée par le fils aîné. L’action se déroule au Maroc et débute un peu avant la Seconde Guerre mondiale et se termine quelques années après le conflit, quand l’indépendance du pays se met en place.

Le personnage principal, la Mère, a trente-deux ans au début du roman. Elle vit en ville dans une maison dont elle ne sort jamais. Ses enfants, deux fils, l’adorent et l’entourent de leur tendresse pleine d’humour et de taquineries. Elle est mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, dit le Père, un homme qui se veut moderne et qui offre à sa femme, ignorante de tout, des ustensiles ménagers sans lui donner la moindre explication. Alors elle transforme la cuisinière en buffet de rangement, utilise le fer à repasser électrique froid et le range soigneusement en le laissant pendre au mur, encore branché à la prise de courant.

Mais quand on installe la radio et la lumière électrique, c’est une fenêtre qui s’ouvre pour la Mère. Conscients qu’elle ne peut pas comprendre ce qu’est l’électricité, ses fils lui expliquent que la radio est habitée par un génie et la Mère adopte donc celui qu’elle appelle Monsieur Kteu ; elle lui parle, l’écoute, et sort peu à peu de sa prison mentale. Ensuite, le téléphone est installé dans la maison. La Mère découvre avec stupeur que grâce à cet appareil on peut parler à quelqu’un qui n’est pas physiquement présent. Elle tisse alors un vaste réseau de correspondants, des inconnus dont elle se fait des amis.

Pour les fils, l’étape suivante est d’habiller leur mère avec autre chose que les vêtements ancestraux qui cachent le corps et ne le mettent pas en valeur. Et à l’âge de trente-deux ans, pour la première fois, la Mère sort de la maison. Ses fils l’emmènent au parc, où elle voit des arbres et un ruisseau. Ils l’emmènent au cinéma, au bal, à la fête foraine. Mais surtout le narrateur lui apprend à lire et à écrire. Détail très important : toute cette éducation de la Mère par les fils se fait en secret, sans que le Père ne soit au courant. La première partie du roman, « Être », se termine sur le départ du cadet pour la France où il va poursuivre des études.

 

        La deuxième partie du roman, « Avoir », commence comme une lettre de Nagib, l’aîné, à son petit frère. Il décrit d’abord le travail de recherche de leur mère qui veut se faire une idée précise de la situation internationale, et qui décide ensuite d’aller voir le Général de Gaulle, en visite au Maroc. Voici ce qu’elle veut lui dire : que bien des peuples aspirent aujourd’hui à une liberté méritée. Puis Nagib raconte qu’un soir, une explication a eu lieu entre la Mère et le Père, au cours de laquelle, pour la première fois, le couple échange et la mère, enfin, fait entendre sa voix et explique à quel point elle est avide d’exister par elle-même. Peu à peu, elle se libère de la tutelle de son mari, mais également de celle de son fils aîné, dont elle repousse gentiment l’aide. Un soir, elle demande à son fils de creuser un trou face à l’océan, et y enterre des objets qui sont des souvenirs de son passé. Puis elle plante un oranger au-dessus. Elle fait vendre tout ce qui meublait la maison, qu’elle décide de repeindre elle-même, seule. Après avoir repeint la maison, elle la remeuble avec des objets venus de France. Elle fait manger la famille dans des assiettes, avec des couverts, abandonnant la traditionnelle façon de se nourrir. Elle s’inscrit dans une école spéciale où elle suit des cours intensifs de rattrapage. Elle se met à fumer. Elle ne se consacre plus qu’à ses études, ne fait plus la cuisine aux deux hommes de la famille.

         Puis la Mère institue avec ses amies des « déjeuners-débats » hebdomadaires, le dimanche, chez l’une ou l’autre. Au début, tout va bien, mais ces réunions du dimanche ne sont pas que joyeuses et au fil du temps elles se déroulent de plus en plus mal. En effet, les maris, les cousins, les frères des femmes conviées par la Mère manifestent leur désapprobation de plus en plus vivement, puis violemment, au point que la bande de Nagib doit assurer le service d’ordre.

Au fil du temps, l’esprit de la Mère étend ses ailes, son horizon mental s’élargit. Grâce aux relations de son mari, elle fait venir des politiciens chez elle, débat avec eux, se lance dans des controverses. En un dernier geste d’émancipation, elle se rend chez le coiffeur et se fait couper les cheveux. Puis elle décide de quitter son pays et sa famille. Son mari accepte de la voir s’éloigner, et Nagib la suit, clandestin à bord du même bateau, afin de veiller sur elle.

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