La Civilisation, ma mère !...

par

Un comique de la tendresse.

La lecture de La Civilisation, ma mère !… est plaisante, entre autres raisons grâce à l'humour de la narration. L'humour, c'est celui qui baigne le regard que posent les deux fils sur leur mère. Les scènes de la vie quotidienne se succèdent et Driss Chraïbi en livre une description dont le comique n'est jamais démenti. Ainsi, le roman s'ouvre sur la description de la tonte d'un mouton – un acte somme toute banal se transforme en une geste homérique, un combat entre un chevalier – la Mère – et un dragon – le mouton. L'arme de la mère : des ciseaux – « Vous savez bien : de ces célèbres ciseaux japonais des années 20, qui avaient le poids d'un chaudron, la taille d'un sécateur et qui, s'ils tombaient sur le carrelage, pouvaient gaiement se réduire en poudre. » Puis commence « la danse rituelle de la tonte », au cours de laquelle « l'animal dansait n'importe comment, sans aucun sens artistique » pendant que la mère essaie de tromper la vigilance de la bête en l'endormant de paroles : « Je n'aime pas la laine. Ce n'est pas bon la laine » et « brusquement elle faisait volte-face, bondissait sur l'animal et les redoutables ciseaux japonais faisaient entendre un cliquetis de fonte ». Et tout cela au milieu des éclats de rire des deux fils. Les scènes comiques se succèdent, à croire que la vie de cette mère et de ses deux fils est une cascade de rire ininterrompue.

La livraison d'un énorme poste de radio dans la maison à...

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