La conjuration des imbéciles

par

Les maux de la société moderne

Si l’Amérique de l’après-guerre voit l’opportunité d’une grande ouverture vers les avancées technologiques que nous connaissons aujourd’hui et l’espoir d’une société plus que jamais moderne, alors ce soi-disant rêve ne fait pas l’unanimité car il peut, au contraire, susciter un sentiment de dégoût chez certains. C’est le cas de John Kennedy Toole et d’Ignatius, le héros de « La Conjuration des Imbéciles ». L’auteur de ce roman cherche, en effet, à montrer que la modernisation n’est pas aussi parfaite et extraordinaire que l’on peut le croire. Bien au contraire, elle est pleine de vices et l’objectif principal’ pour le romancier, est que le lecteur en prenne conscience. Il commence par attaquer la Nouvelle-Orléans, sa ville natale : « Notre ville est célèbre pour ses joueurs professionnels, ses prostituées, ses exhibitionnistes, ses antéchrists, ses ivrognes, ses sodomites, ses drogués, ses fétichistes, ses onanistes, ses pornographes, ses fripons, ses coquines, ses vandales et ses lesbiennes, toutes et tous dûment protégés par la prévarication et le trafic d'influence ».

Le rejet de la société moderne est mis en évidence par le décalage qui se place entre Ignatius et la société, le premier étant disposé à ne pas suivre et appliquer les normes de la seconde. Il ne veut pas avoir à faire à elle, coûte que coûte. « - Ca sent terriblement mauvais ici. - Bah, à quoi t’attends-tu donc ? Confiné, le corps humain produit certaines odeurs que nous avons tendance à oublier dans cet âge de désodorisants et autres perversions ». Dépassant la trentaine, Ignatius n’était toujours pas prêt à entrer dans...

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Dissertation à propos de La conjuration des imbéciles