La Dame aux Camélias

par

Armand Duval

Armand Duval est un jeune bourgeois encore dépendant de sa famille, mal assuré, remarquablement prétentieux. Se retrouvant dans le demi-monde de Paris, il ne réussit pas à raccorder sa moralité bourgeoise avec l’amoralité parisienne, ni d’ailleurs son menu revenu avec le train de dépenses commandé par Marguerite. Pour des yeux modernes, il n’est pas particulièrement sympathique. Sa passion obsessionnelle pour Marguerite l’aveugle souvent devant les réalités du monde. Incapable d’accepter que son amante le trompe, il insiste pour qu’elle n’appartienne qu’à lui, qu’elle renvoie ses autres amants. De ce fait, Marguerite se retrouvera sans ressources, ce qui force le couple à vivre sur la pension paternelle, estimée à seulement environ huit ou neuf mille francs. Blessé dans son amour-propre par la supériorité financière de sa maîtresse, il insiste afin de payer pour elle. Cette décision nécessite l’intervention de son père, qui le dédaigne alors pour avoir permis à une femme de l’entretenir.

Armand n’est pas particulièrement intelligent ; sa confiance inébranlable en son père (même lorsqu’il lui tient tête) n’est égalée que par son manque de confiance en Marguerite. Une fois que Marguerite l’a éconduit, il se révèle être mesquin, vengeur et méchant. Il se met alors à entretenir Olympe dans le seul but de blesser Marguerite, humiliant publiquement cette dernière chaque fois qu’il le peut. Ce n’est qu’après la mort de celle-ci et la découverte de la part jouée par son père dans l’affaire qu’Armand réalise à quel point il a été injuste.

C’est dans cet état totalement démoralisé, rongé par la culpabilité, que nous rencontrons pour la première fois Armand, et c’est son besoin de confession qui donne la forme du roman. Le narrateur sans nom qui a, presque par hasard, acheté la copie de Manon Lescaut dont Armand avait fait cadeau à Marguerite, devient le confesseur du jeune homme, lui permettant de raconter la majorité du roman. L’accompagnant jusque dans l’horreur de l’exhumation qu’entreprend Armand pour voir une dernière fois son amante, le narrateur lui tient compagnie dans cette descente aux enfers. En fin de compte, soulagé par sa confession, Armand pourra faire ses adieux aux derniers amis de Marguerite, ainsi qu’à sa tombe, et retourner à sa famille, toujours accompagné par le narrateur, qui remet le jeune homme à son père, faisant office de prêtre séculaire.

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