La jeune fille à la perle

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La condition de servante au temps de Vermeer

 À l’époque du peintre, en 1664, les classes modestes ne rechignent pas au travail et se mettent volontiers au service des plus riches pour subvenir aux besoins de leurs familles. Les hommes sont souvent ouvriers, les femmes servantes ou cuisinières dans les grandes maisons comme celle des Vermeer. Les familles, protestantes pour la plupart, ont de nombreux enfants, parfois plus de dix, et les servantes comme Griet ont notamment pour tâche de s’occuper d’eux, de les nourrir, les occuper, les coucher. C’est une occupation très fatigante, surtout lorsque les enfants sont désobéissants, d’autant plus que les servantes ont de nombreuses autres tâches : aller au marché, aller chercher de l’eau au canal pour laver le linge abondant de la maison, faire le ménage, etc. Griet est vaillante et accomplit tout cela avec beaucoup de courage, prenant parfois le temps de flâner sur les bords du canal pour oublier sa fatigue, mais reprenant bientôt son labeur. Les servantes sont humbles, et savent qu’il y a peu de chance pour qu’elles échappent à leur condition.

« Toutefois si j’étais seule, ce qui était souvent le cas quand je suspendais le linge dans la cour pour qu’il profite pendant quelques minutes d’un pâle soleil d’hiver, Van Ruijven se glissait dans cet espace clos et me tripotait derrière un drap ou une chemise de mon maître que je venais d’accrocher. Je le repoussais aussi poliment qu’une servante peut se permettre de repousser un Monsieur. Il parvint malgré tout à se...

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Dissertation à propos de La jeune fille à la perle