La jeune fille à la perle

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Résumé

L’histoire se déroule dans la ville hollandaise de Delft en 1664. Griet, fille aînée d’une famille de trois enfants, est placée en tant que servante chez le célèbre peintre Johannes Vermeer afin de subvenir aux besoins des siens, le père de famille, ancien faïencier, étant devenu aveugle suite à l’explosion d’un four qui lui a aussi valu la perte de son commerce. Bien que le peintre vive à seulement une quinzaine de minutes de chez elle, la jeune fille appréhende son départ, car le « coin des Papistes », quartier catholique de la ville, lui est totalement inconnu, ayant été élevée dans la tradition protestante. De plus, c’est la première fois qu’elle quitte ses proches pour si longtemps. Ses débuts dans la nouvelle maison sont difficiles : elle a beaucoup de travail, l’autre servante est d’humeur changeante et Catharina, l’épouse de Vermeer, est froide et cassante. Cette dernière envie la domestique, qui, elle, est autorisée à pénétrer dans l’atelier de son mari, lieu interdit à tous, hormis la belle-mère du peintre, Maria Thins. De plus, et pour une raison inconnue, une des cinq enfants des Vermeer, Cornelia, a pris la nouvelle employée en grippe. Seuls Maria Thins et son gendre sont agréables. Malheureusement, tous deux sont très peu présents – ce qui rend d’ailleurs l’artiste mystérieux, voire désiré. Le dimanche venu, Griet est heureuse de rentrer chez elle ; sa situation attriste cependant toute la famille. De retour chez ses employeurs, elle parvient à faire le ménage dans l’atelier du peintre sans bouger les objets de leur place, et elle est donc définitivement embauchée. Le jour où l’artiste lui montre la chambre noire dont il se sert pour travailler, elle se rend compte que c’est l’unique fois depuis sa première visite qu’il s’adresse à elle ; elle se sent intimidée et troublée à la fois :« Mal à l’aise, je me balançais d’un pied sur l’autre.»

Un jour, alors qu’elle fait les courses au marché, Griet apprend par le jeune boucher qui lui fait des avances qu’un cas de peste a été déclaré dans le quartier où elle a grandi. Le dimanche suivant, il lui est interdit de rendre visite à sa famille à cause du risque de contagion. Peu de temps après, les habitants concernés par l’épidémie sont mis en quarantaine et s’ensuit la mort d’Agnès, la sœur de Griet. Celle-ci tente de ressouder les membres familiaux en deuil, mais les récents changements rendent ses efforts vains et Griet prend ainsi de plus en plus ses distances : « Retourner à la maison n’était pas aisé. Je m’aperçus qu’après ces quelques dimanches où je n’avais pu rentrer en raison de la quarantaine, je finissais par ne plus m’y sentir vraiment chez moi. »

Une grande fête est organisée en l’honneur de la venue au monde d’un nouveau descendant Vermeer, événement qui demande encore plus de travail aux servantes. Alors qu’elle effectue le service pour les convives, la jeune employée de maison se fait coincer dans le couloir par Van Ruijven, l’ami et client de Vermeer. Elle parvient à lui échapper, mais après cela elle remarque que son maître l’ignore complètement. Cela la gêne, mais elle ne parvient pas à savoir si ce dernier incident en est la cause ou si son changement de comportement est dû à Pieter fils, le jeune boucher qui a été surpris en train de sourire à la servante : « Je l’avais offensé, mais j’ignorais de quelle façon ». À ce malaise s’ajoute le froid de l’hiver, le travail que demandent les nombreux enfants, et le souvenir de la défunte Agnès. De plus, l’atelier, qui était la seule échappatoire de la bonne, est dorénavant vide ; en effet, depuis la vente de son dernier tableau, Vermeer ne peint plus. Mais un jour, alors qu’il observe Griet laver les carreaux, le peintre décide de se remettre au travail.

Nous sommes au début de l’année 1665. Un soir, Vermeer, qui fait pourtant toujours lui-même ses achats chez l’apothicaire,  demande à Griet de lui ramener ce dont il a besoin pour confectionner ses couleurs. À partir de ce moment, elle l’aide régulièrement dans son travail et il lui explique même comment il procède pour créer un tableau. Il a remarqué chez elle une capacité à voir ce qui l’entoure tel un véritable peintre, et ainsi, il lui enseigne la fabrication des peintures, leur composition, etc. Il arrive même à la jeune fille de conseiller son maître. Mais ces tâches supplémentaires sont très contraignantes, car elles doivent rester secrètes du reste de la maison et obligent Griet à toujours inventer de nouvelles excuses dans le but de s’éclipser : « Je finis par prendre l’habitude de mentir ».

Contre toute attente, c’est grâce à la seconde servante Tanneke qui veut changer de chambre que la situation s’améliore : Griet est obligée de loger dans le grenier et a donc directement accès à ce dont elle a besoin pour travailler. Cornelia est au courant de ce qui se passe à l’atelier et semble menacer de le révéler à sa mère à tout moment. Elle en informe Maria Thins qui encourage Griet à continuer ainsi, afin de permettre à son gendre de créer plus rapidement. Puis c’est au tour de Tanneke de découvrir la ruse ; elle en éprouve de la jalousie, change d’attitude, et fait tout pour rendre la vie de Griet plus compliquée. Pieter fils par ailleurs fréquente de plus en plus la jeune fille et sa famille, qui espère beaucoup de cette relation, car il leur « assurait des jours plus gras ». Griet se sent triste, elle ne voit pas d’autre avenir que celui de servante. À cette triste perspective s’additionnent l’austérité de Catharina qui ne lui accorde aucune confiance, ainsi que le tour que lui joue Cornelia visant à la faire accuser de vol. Mais pour la première fois, Vermeer prend la défense de sa bonne. Malgré la gentillesse que tout le monde lui témoigne suite à cet épisode, Griet n’est pas à l’aise à l’idée d’être redevable envers son maître.

Une fois les deux tableaux terminés, Vermeer a une nouvelle commande ; cette fois, Van Ruijven désire figurer sur la prochaine œuvre accompagné de Griet. La jeune fille connaît les réelles intentions de cet homme et aimerait pouvoir refuser d’apparaître sur la peinture ; il en va de même pour l’artiste, qui ne peut pas néanmoins se permettre de perdre un acheteur.

Une année s’est écoulée, nous sommes à la fin de 1666. Vermeer a décidé de peindre le portrait de Griet destiné à Van Ruijven. Un ami du peintre met la domestique en garde contre son employeur, elle ne doit se faire aucune illusion, car celui-ci « ne comprend pas que son idéalisme puisse affecter son entourage. Il ne pense qu’à lui-même et à son travail ». Ce qu’elle apprend désoriente Griet et renforce son sentiment de solitude. En effet, elle est fatiguée d’être la proie de Van Ruijven.

Par ailleurs, Frans, le frère de Griet, a fugué de la faïencerie où il était en apprentissage après avoir mis la femme de son patron enceinte. Quant à elle, ne sachant pas très bien pourquoi, elle a couché avec Pieter, le jeune boucher, ce qui encourage le jeune homme à demander la main de Griet lorsqu’elle atteint ses dix-huit ans ; désemparée, elle le laisse sans réponse.

Afin de compléter son portrait, Vermeer demande à Griet de se percer les oreilles et de poser avec les perles de la jeune maîtresse de maison. L’un comme l’autre savent qu’il en va de l’emploi de la servante, mais celle-ci se plie aux ordres. Inévitablement vient le jour où Cornelia montre le tableau à sa mère qui entre dans une colère noire. Comprenant que personne ne la soutiendra, la domestique laisse définitivement la maison des Vermeer derrière elle.

Plus tard, on voit Griet et Pieter fils travailler ensemble à la boucherie désormais, et devenir les parents de deux garçons. Bien des choses ont changé en dix ans : le père de la femme est décédé, ainsi que le peintre Vermeer, laissant sa femme avec onze enfants et une grande quantité de dettes. Griet repense à leurs rapports : « Au bout d’un certain temps, je finis par admettre qu’il s’était toujours davantage soucié de mon portrait que de moi-même ». Avant sa mort, il a veillé à ce que les perles soient remises à la jeune fille apparaissant sur le tableau.

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