La leçon

par

Résumé

L’Élèveentre chez le Professeur où elle est accueillie par la Bonne qui s’affaire sansque l’on comprenne la raison de son empressement. L’Élève, à ce moment, est unejeune fille « gaie, dynamique » et, au fil de la pièce, elle devient« triste, morose » ; le Professeur, quant à lui, suit une progressioninverse, en passant de la timidité à l’exubérance.

LeProfesseur entre et la leçon annoncée dans le titre commence. Comme l’on s’yattend, rien n’y tourne rond. Tout d’abord, le dialogue n’est pas linéaire etles deux personnages ne cessent de digresser pour parler (littéralement) de lapluie et du beau temps. Ensuite, le Professeur enseigne des choses tout à faitbasiques, du niveau de l’école primaire, à son élève de dix-huit ans, et necesse de lancer des exclamations élogieuses sur l’étendue de sa culture. Enfin,le Professeur souhaite inculquer à son élève un savoir totalement erroné etaffirme tour à tour que Paris est le chef-lieu de la France, que sept et un fontparfois neuf et que l’espagnol est l’ancêtre du latin.

Onassiste ensuite à un cours d’arithmétique que la Bonne essaie d’empêcher carelle sait que « ça énerve » le Professeur. L’Élève sait très bienfaire les additions mais ne maîtrise pas du tout les soustractions.

Puison passe à la linguistique et à la philologie. La Bonne encore une fois tented’arrêter le Professeur en disant que « la philologie mène au pire ».Et, en effet, c’est là que la dégradation / gradation commence réellement à seressentir : le Professeur perd patience et ne tolère plus d’être coupé parl’Élève ; l’Élève est prise d’un mal de dents qui va empirer jusqu’à unedouleur totale ; les mots se vident de leur sens, l’Élève ne faisant querépéter « J’ai mal aux dents » et le Professeur formulant desdistinctions insensées entre des phrases absolument identiques. La tensionmonte, jusqu’à l’explosion : « Silence ! Ou je vous fracasse le crâne! ». Le Professeur, dès lors, interrompt la leçon et appelle la Bonne, quine se prive pas une nouvelle fois de le mettre en garde. Il souhaite donner àson Élève toutes les traductions du mot « couteau » et, pour cefaire, il aimerait qu’elle lui apporte des couteaux. La Bonne n’obéit pas mais,dès qu’elle sort, il s’empare lui-même d’un couteau et la situation se dégradeencore davantage. L’Élève souffre de plus en plus tandis que le Professeur sefait de plus en plus menaçant.
            Le Professeur finit par poignarderl’Élève. Après un bref moment de satisfaction, il revient à la raison etappelle sa Bonne à l’aide. La Bonne lui fait la morale et le Professeur sedéfend avec des arguments d’une mauvaise foi achevée. Malgré ce contentieux,ils s’entraident pour sortir le cadavre de la pièce.
            La pièce se termine comme ellea commencé, avec l’arrivée d’une autre élève, accueillie de nouveau par laBonne, qui lui répète les mêmes lignes de texte qu’elle avait dites à lapremière. Ionesco laisse entendre, ce faisant, qu’il a simplement isolé unmaillon d’une chaîne d’évènements vouée à se répéter infiniment ; ce gesteest très habituel dans le théâtre de l’absurde, où l’on préfère volontiers auxstructures linéaires les structures circulaires, plus aptes, par leur répétitivité,à rendre l’ennui et le vide de l’existence sur lesquels se concentrent lesdramaturges de ce genre.

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