La légende des siècles

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Présentation et genèse du recueil

Après Les Châtiments et Les Contemplations, qui tous deux ouvraient des voies nouvelles à la poésie hugolienne – le premier recueil en amenant au niveau de l’art la vitupération qui d’habitude en reste au pamphlet vite oublié, le deuxième en canonisant le deuil et une vision de l’univers qui en découle –, Victor Hugo espère continuer dans la lignée de la fin des Contemplations, où d’immenses poèmes métaphysiques joignent les cordes de la poésie à la voix de la philosophie. L’éditeur d’Hugo, Hetzel, déjà inquiet de l’inclusion de ces poèmes dans le précédent recueil, est encore plus effrayé à l’idée de publier des livres épiques dans la même veine, et convaincra Hugo d’abandonner Dieu et La Fin de Satan pour le rediriger vers l’idée d’une série de « petites épopées », qu’Hugo avait mentionnée en 1848. Le pauvre Hetzel ne pouvait soupçonner que ces épopées dites « petites » se mueraient en une œuvre à l’ambition démesurée : celle de raconter toute l’histoire de l’humanité, des débuts bibliques à un futur anticipé, d’une façon à la fois crue et visionnaire, tentant de prouver le progrès inéluctable de l’espèce, qui risque d’être tout aussi hors normes que les poèmes épiques abandonnés. Mais ne plaignons pas trop l’éditeur : la première série de La Légende des siècles sera un succès immense, marquant la mémoire du lectorat (Baudelaire et Flaubert entre autres ne tariront pas d’éloges à son sujet).

 

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Dissertation à propos de La légende des siècles