La légende des siècles

par

« Les pauvres gens » et le style d’Hugo

Pourtant, il reste que d’un point de vue pratique, du moins, les idées d’Hugo ne sont pas très blâmables. Il revendique la fin de la tyrannie et la libération de l’homme, et insiste sur le fait que tous ceux qui font le mal, surtout ceux qui abusent de leur position, devront répondre de leurs actes. Le Progrès d’Hugo est de voir s’étendre la justice à travers le monde, et il insiste sur le fait que cette justice peut se trouver même chez les plus miséreux, comme on le voit dans le récit des « Pauvres Gens », un des textes clés de La Légende.

« Les Pauvres Gens » n’offre presque aucun confort au lecteur. Le poème raconte l’histoire de pêcheurs misérables qui réussissent à peine à se nourrir : « Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille, / Car les petits enfants ont faim » – ces petits enfants qui n’ont même pas de souliers en hiver. Ces pauvres gens sont si occupés que Jeannie, l’épouse, n’a même pas pensé à sa voisine la veuve depuis un certain temps. Celle-ci meurt toute seule, sans le moindre réconfort ; elle a beau mettre ses enfants au lit pour qu’ils n’aient pas à souffrir, elle doit bien sentir qu’eux aussi périront. C’est par un pur hasard que Jeannie choisit de prendre de ses nouvelles cette nuit-là.

Ce qui frappe le plus en lisant la poésie d’Hugo, c’est son immense facilité au vers, surtout à l’alexandrin. Il peut...

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